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Mes Critiques de Films

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    1. The Mist

      Publié le 08 Mars 2008 à  14:22

      Sorti le 27 février dans seulement 40 salles en France, "The Mist" est une énième adaptation d'une histoire du spécialiste de l'épouvante, j'ai nommé Stephen King, écrivain d'oeuvres cultes telles que "Misery" (mon préféré) ou "Running Man".

      L'histoire de "The Mist" est tellement simple qu'elle tient sur un timbre poste : après une tempête ravageuse sur la Côte Est des USA, un père et son fils vont acheter des vivres dans un centre commercial. Mais une fois à l'intérieur, un brouillard mystérieux s'abat sur la ville entière et empêche quiconque de sortir sous peine d'être tué par des choses mystèrieuses dans la brume.

      Réalisé par Frank Darabont, réalisateur spécialiste de Stephen King (il a notamment mis en scène "Les Evadés" et "La Ligne Verte"), "The Mist" s'avère être plus proche de l'adaptation réussie ("Misery", "Carrie", "Christine" ou encore "Shining") plutôt que du film sans intérêt ("Running Man" pour ne citer que lui).
      Malgré une mise en scène très proche du téléfilm (zooms présents en plein milieu d'un plan, pas forcément de grosse recherches innovantes), le film se tient vraiment grâce à des créatures qui font froid dans le dos (la scène de la pharmacie fout vraiment les jetons) malgré des effets spéciaux minimalistes.
      Le film gagne beaucoup de sa qualité avec la psychologie des personnages (la catholique est surement l'une des meilleures méchantes de l'histoire du cinéma tellement la folie se lit dans ses yeux) et surtout avec sa fin.

      Parce que si, dans l'ensemble, le film n'atteint pas le statut de chef-d'oeuvre (il en est quand même assez éloigné), la fin est tout simplement extraordinaire. Pour tout dire, je n'avais jamais été aussi "sur le cul" par une dénouement depuis "Usual Suspects" (faut le faire, quand même). C'est bien simple : on s'attend à tout sauf à ça. Je conseille bien sur aux personnes lisant ceci de ne pas chercher à savoir (sur le Web ou autre) ce qui se passe car le film y perdrait surement son plus grand intérêt. Sans exagérer, je peux dire que la fin de "The Mist" se place au même rang que celle de "Sixième Sens", "Incassable", "Old Boy" ou encore même "Seven".

      En bref, un très bon film qui, malgré une indifférence du public français qui préfère aller voir un Kad Merad (flanqué de Dany Boon) se baladant dans le Pas-de-Calais, mérite d'être connu par plus de gens car il pourrait devenir plus vite qu'on ne le pense un classique de film d'épouvante.

    2. There Will Be Blood

      Publié le 23 Fév 2008 à  1:20

      Décrire ce film est tout simplement impossible.
      Car il n'a rien d'un film, non pas dans sa structure mais dans la façon dont le spectateur le ressent.
      Ce chef-d'oeuvre (car on peut parler de chef-d'oeuvre, n'ayons pas peur des mots), ce film surréaliste, si banal et expérimental à la fois, si violent et doux, si vrai et faux, si silencieux et bruyant est un film hors-norme.
      C'est simple, on ne regarde pas ce film, on le vit.
      D'une main de maître, Paul Thomas Anderson ne révolutionne pas le genre : il détruit tout le cinéma inventé depuis les frères Lumière pour le recréer en 2h40. Jamais de toute l'histoire du cinéma on a pu voir pareille folie, pareille merveille, pareil film.
      Imaginez la trilogie de "Le Parrain" mélangée à "Citizen Kane", rajoutez la folie humaine comme jamais on ne l'a montrée de façon aussi réaliste et interpretée par deux acteurs tout simplement parfaits : Daniel Day-Lewis et Paul Dano, rajoutez aussi la musique douce et aggressive de Jonny Greenwood (le guitariste de RadioHead), rajoutez la mise en scène indescriptible car tellement innovante de Paul Thomas Anderson (le film est quasi muet durant le premier quart d'heure). Vous obtenez l'étrange et pourtant si normal "There will be blood".
      Et si vous trouvez que la fin ressemble à du foutage de gueule pur et simple par tant de simplicité et de brutalité (que ce soit dans le montage ou l'interprétation), c'est normal : nous sommes les quelques exemples de ce qui est critiqué dans le film : l'être humain, si aimable et détestable à la fois, à l'image du film.
      Bienvenue chez Paul Thomas Anderson. Dans un monde ou le sang et le pétrole se mêlent dans une poésie complète.

    3. Matrix

      Publié le 29 Janv 2008 à  12:49

      "Matrix", phénomène cinématographique auquel personne n'a pu échapper, doit être considéré comme ce qu'il est : un renouveau du cinéma mondial.
      Après le sombre et inquiétant "Dark City" d'Alex Proyas, Andy et Larry Wachowski nous emporte dans un tourbillon d'images spectaculaires où la gravité est prohibée et où le "bullet-time" est roi.
      "Matrix" est un mélange réussi du cinéma d'action japonais ("Ghost in the shell") et américain ("Dark City") qui a fait date dans l'histoire de l'industrie cinématographique.
      Des scènes cultes (le crash de l'hélicoptère, la fusillade dans le hall, Néo évitant les balles...) pour un film qui l'est tout autant.
      Un chef d'oeuvre qui nous propulse dans le 21ème siècle avant l'heure.

    4. Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street

      Publié le 27 Janv 2008 à  0:35

      Tim Burton est un réalisateur des plus intéressants à analyser depuis quelques années. En effet, après son ratage semi-complet) de sa version de "La planète des singes", Burton à entamé une vie de couple avec l'actrice Helena Bonham Carter (qui joue depuis dans tout ses films), le plus intéressant étant que le célèbre réalisateur est père de deux enfants maintenant.
      Alors vous allez me dire : "Mais que vient faire sa vie privée dans ta critique ?"...Patience, je vous explique...
      La naissance de son premier enfant survient avant l'écriture de "Big Fish", comédie sentimentale abordant, outre le thème fétiche de Burton (réalité et fantastique mêlés dans le même univers et dont on ne peut dissocier les limites de chacun), les relations père-enfant. On voit déjà à travers le long métrage (surement le plus réussi de Burton après "L'étrange noël de monsieur Jack") un Tim Burton qui change, devenant plus mature.
      En 2005, deux films du réalisateurs sortent à quelques mois d'intervalles : "Charlie et la chocolaterie" et "Les noces funèbres". Dans le premier, on y retrouve l'excentricité légendaire de Burton mais on y trouve une part enfantine beaucoup plus présente, celle-ci venant pour beaucoup du roman du même nom de Roald Dahl. Dans le deuxième, malgré le fait que le film traite du parallèle du monde mort-vivant, il est destiné beacoup plus à un public enfantin. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder "L'étrange noël de monsieur Jack" ou "Vincent" pour comprendre que l'univers inquiètant et plus personnel de Tim Burton est moins présent dans ces deux films.
      En bref, "Big Fish" était un film plus adulte, plus réussi. Une preuve que Burton pouvait faire autre chose avec succès. Les deux autres, en revanche, malgré leurs qualités irréprochables, étaient beaucoup moins intéressants du point de vue de l'analyse (car moins matures je pense).
      C'est pour cela que "Sweeney Todd" m'inquiètait un peu. Comment Tim Burton pouvait retourner dans le genre gothique-sanglant avec sa conscience paternelle acquise ?
      Le résultat : un chef d'oeuvre absolu, le 3ème meilleur de Burton à mon goût.
      Pourquoi ? Parce que, déjà, le barbier est interprété par Depp, qui trouve là surement le meilleur rôle de sa vie. D'une démence rare (c'est limite un rasoirophile) et laissant libre cours à sa vengeance, Johnny impressione par sa présence et sa voix (sublime). Pour moi, l'oscar est à lui (sauf si Daniel Day-Lewis, qui d'après les critiques, est tout simplement époustouflant, le lui pique). Sweeney Todd est, à ce jour, le meilleur personnage de l'univers de Burton avec Jack l'éouvantail et William Bloom.
      Helena Bonham Carter est parfaite, elle aussi malgré la grandeur d'acteur de celui qui se trouve en face d'elle. Son personnage, compliqué, ne se dévoile vraiment qu'à la fin dans une maestria complète.
      Les rôles secondaires ne sont pas en reste, Alan Rickman et Timothy Spall sont à la hauteur et prouvent encore une fois leur talents respectifs.
      Dans "Sweeney Todd", on découvre une nouvelle crainte du réalisateur : celle de tout perdre (femme et enfants). On y découvre aussi une part de vengeance rare chez Burton. On remarque que les méchants sont ceux qui frappent ou humilient les enfants (conscience paternelle en vue). Mais là ou Tim Burton fait fort, c'est dans le fait que Sweeney devienne, avec son obstination de la vengeance, tout ce qu'il a combattu. C'est pour cela que le film se conclut sur une "unhappy end", très rare chez Burton, encore.
      Certaines scènes sont déjà cultes. Les passages comme celui de la chanson "My Friends", la danse près du fourneau ou encore celui où Sweeney reconstitue son bras (hommage direct à "Edward aux mains d'argent", hommage que l'on peut trouver aussi dans "Charlie et la chocolaterie") avec le plan qui le suit. Le générique de début est sympathique et rappelle celui de "Charlie et la chocolaterie" (le sang remplace le chocolat) et les derniers plans restent imprimés sur la rétine par leur force visuelle et émotionnelle. Le film impressione par ses scènes gores osées et sa démence qui colle parfaitement à l'univers de Tim Burton. Plus de doutes : Tim Burton revient en grande forme, prêt à choquer...c'est tout ce que l'on demande.
      Petit regret quand même : on aurait aimé savoir ce que Danny Elfman, absent du générique, aurait pu créer comme composition musicale malgré le fait que Stephen Sondheim se débrouille à merveille.
      Un grand film de Burton à voir absolument.

    5. Je suis une légende

      Publié le 19 Janv 2008 à  13:49

      On pouvait s'attendre à mieux de la part de ce film qui aurait pu être l'un des meilleurs films hollywoodiens de ces dernières années, de par son sujet, difficile à mettre en image.
      Le gros défaut que je reprocherais au film est le suivant : on ne se sent pas assez seul dans les salles obscures. En effet, les créatures mi-vampires mi-zombies apparaissent bien trop rapidement et les scènes finales sont bâclées par rapport au début du film, pourtant très réussi.
      Au final, des scènes très bonnes (quand Neville recherche Sam, l'attaque de la voiture) où l'on peut retrouver un soupçon d'Hitchcock (la scène des chiens zombies) avec un Will Smith très impressionant lorsqu'il s'en donne la peine (comme la scène du mannequin, très touchante). Mais le sujet méritait mieux dans l'ensemble. Et quand je vois que l'on parle déjà de "Je suis une légende 2", je me dis que le cinéma marche à reculons...Exemple de l' "Hollywood system" ? Totalement.