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Mes Critiques de Films

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    1. Blackthorn

      Publié le 08 Fév 2012 à  13:17

      L'avènement d'un Western, de nos jours, est pour moi une réjouissance à elle toute seule. Quand à ce que le résultat me satisfasse, ça, c'est une toute autre histoire. Blackthorn, sur le principe, respecte les codes du genre, tient ses promesses en matière chevauchées en milieux sauvages éblouissants et n'y va pas par quatre chemins pour amener l'intrigue en premier plan. Ladite intrigue est correcte, sur la fond, mais la forme n'est cependant pas satisfaisante. Oui, nul place ici à l'intensité d'un Open Range, un casting fantastique façon 3h10 pour Yuma, un humour décapant à la True Grit, ni à l'atmosphère étouffante d'un Apaloosa. En ce sens, Blackthorn est la moins bon Western qu'il m'est été donné de voir, et ce depuis bien longtemps, faute d'un manque cruel d'ambition, dans un premier temps, puis à un manque certain de moyens.

      Qu'on se rassure, le film de Mateo Gil n'est pas dégelasse, dans le sens ou les paysages d'Amérique latine, la Bolivie, sont fantastiques, mais aussi parce que ce bon vieux Sam Shepard est relativement convainquant. Je n'en dirais pas de même en ce qui concerne Eduardo Noriega, même si son personnage possède quelques subtilités intéressantes. Au niveau casting, les premiers rôles s'en sortent bien, pour le reste, ça frise le niveau du téléfilm moyen, je pense notamment aux déplorables retours en arrière, l'échappée belle de Butch Cassidy et le Kid, incarnés par des acteurs tout simplement mauvais et sans envies. On jongle donc entre un présent plus ou moins captivant et un passé d'un mauvais goût accablant. Tant mieux, la passé n'a ici que peu de place.

      En gros, on nous raconte la dernière chevauchée de Butch Cassidy, l'une des dernières légendes de l'ouest, réfugié en Bolivie depuis maintes années et qui prenant son courage à deux mains, prépare son voyage de retour vers son pays, les Etats-Unis. Oui, mais par un concours de circonstances rapide, l'ex brigand se retrouve à courir derrière un trésor au côté d'un ingénieur de mine espagnol, ce qui semble le conduire à sa perte. Le pitch peut paraître intéressant, il l'est, dans une certaine mesure, mais les attentes sont veines et l'on se retrouve souvent à contempler les paysages et en oublier les aboutissants.

      Pas vraiment captivant, pas non plus réalisé d'une manière adéquate, sans compter que les doublages français sont miteux, il est dommage de constater qu'un certain Sam Shepard, qui aurait bien besoin d'un rôle à sa mesure, est venu s'embourber là-dedans. Passablement d'aspects semblent négligés mais tout n'est pas à jeter, bref, un film brouillon propageant quelques bonnes intention. Lui est le temps ou Robert Redford et Paul Newman incarnaient ses légendes que sont Cassidy et le Kid. Pour ce qui est du Western, loin est la temps de Sergio Leone, Clint Eastwood ou encore John Wayne. 08/20

    2. Présumé coupable

      Publié le 07 Fév 2012 à  11:49

      Vincent Garenq signe là une véritable descente aux enfers, celle d'Alain Maréceaux, homme de loi condamné à tort dans l'affaire d'Outreau. Une affaire de moeurs médiatisée car aillant eu la particularité d'avoir mis sous les verrous de multiples innocents, accusés d'actes de viols sur enfants, de prostitution d'enfants. Des vies détruites par un magistrat égocentrique, dans une affaire ou les preuves matérielles sont inexistantes, ou seul la bonne foi des plaignants, eux même sur le banc des accusés, a été prise en compte. Présumé coupable, réaliser de concert avec Alain Maréceaux, offre une vision poignante de ce que pourrait être, pour tous, la destruction intégrale d'une vie menée avec droiture par la justice dans laquelle l'on croit, et en laquelle Maréceaux y croyait encore d'avantage.

      Est-ce la pression publique envers ce genre de crime qui a poussé les magistrats en charge du dossier à ne pas vouloir trouver d'innocents? Nous ne sommes pas là pour refaire l'histoire, juste pour s'estomaquer devant une ignoble bévue qui aura mis à terre des hommes comme vous et moi. A ce titre, le travail de Garenq, derrière la caméra, et de Philippe Torreton, devant cette même caméra, rend un hommage cinglant à l'homme dont on parle ici. L'acteur fait un travail formidable, transpirant soit l'incompréhension de ce qui arrive à son avatar, soit le désespoir avec brio. Les émotions sont crues, les sentences sont violentes, le monde devient soudainement noir et sans espoir, représenté par l'univers carcéral. On vit réellement le calvaire de cet ex-huissier de justice, que cette même justice enfonce dans les abimes de son système destructeur.

      Si le film, comme le livre de Maréceaux, accablent la justice, à juste titre, dans l'affaire qui nous concerne, il n'en reste pas moins que le film de Garenq nous fait prendre conscience qu'il est impossible de demander à l'homme l'impartialité face aux horreurs que certains auraient éventuellement pu commettre. Oui, en sommes, le film est le récit d'une grave erreur judiciaire, mais nous fais également prendre conscience que plus le crime est affreux, plus la police, la magistrature, se voit en difficulté de différencier les malfaiteurs des prétendus malfaiteurs. Une idée en tête, et la justice poursuit son bout de chemin, démolissant sur son passage la vie de ses pions, parfois dans la raison, d'autres fois incompréhensiblement.

      Une belle leçon de cinéma en matière de script, de ressenti des émotions et de rigueur en matière d'immersion. Garenq, et il n'aurait pu faire autrement, privilégié le réalisme, dans les dialogues, les situations déplaisantes, l'univers de la prison, pour encore plus de souffrance. Un film coup de poing, le terme convient parfaitement, à l'image de l'interprétation de Torreton et des quelques autres personnages principaux, à l'image du ressenti face à cette catastrophe judiciaire, encore plus accentuée par la nouvelle condamnation des accusés suite au retrait de la plainte des plaignants. Remarquable travail. 15/20

    3. Animal Kingdom

      Publié le 06 Fév 2012 à  11:20

      Survire au royaume animal. La nouvelle vie du jeune Joshua s'apparentera bien vite à de la survie, la même survie pour laquelle se batte ses oncles, criminels notoires de la banlieue de Melbourne, Australie. David Michôd nous propulse dans un monde sans pitié, un monde fait de doutes, d'une absence totale de confiance en son prochain, un monde animal. Oui, alors que la police use de tous les procédés possibles et imaginables pour mettre fin aux agissements des frères Cody, sans oublier la reine mère, Joshua débarque dans la vie de ses derniers suite au décès par overdose de sa mère. La police y voyant un moyen de mettre à mal la famille, utilise le jeune garçon pour arriver à leurs fins, certains honnêtement d'autres beaucoup moins. Joshua devra choisir son camp.

      Pas de place ici pour le mélo, les notions d'amour et d'attachement sont laissées à la maison pour ne faire place qu'à l'essentiel. Si dans un premier temps, on semble s'attacher aux oncles malfaiteurs, la suite nous fera nous rendre compte de l'inhumanité de ces derniers, alors que la famille, en péril, commet des actes irréparables pour rester à flot. Joshua, acteur, victime et témoin des atrocités de certains, des subterfuges des autres, aura finalement son mot à dire dans un monde ou la limite en le bien et le mal ne semble pas très bien définie. A qui faire confiance, à qui se confier, qui éviter? La tension est palpable de bout en bout du récit, les vices de tous suinte à l'écran et l'on assiste, pantois, à la décrépitude d'un monde fermé sans le moindre temps mort.

      Le jeu des acteurs est remarquables, des acteurs bien connus en terre australe mais nettement moins de par chez nous, exception faite en ce qui concerne Guy Pierce et maintenant Joel Edgerton. On assistera également à la montée en puissance du personnage de Jacki Weaver, en matrone dominatrice, aux allures doucereuses mais régnant d'une main de fer sur sa descendance criminelle. Passé sur les nombreux personnages, que le réalisateur approfondi admirablement, il ne reste qu'une ville, en l'occurrence Melbourne, dont on nous parle pas, ou très peu, et une impression d'intemporalité notable qui permet à tout un chacun de situer la récit à l'époque où il veut bien qu'il se déroule. Michôd centre donc son film sur ses personnages, sur leurs faits, leurs dires et leurs agissements, parfois honorables, parfois déplorables. La fin, cynique comme jamais, nous apprendra que la morale n'est pas toujours sauve et que l'esprit humain fonctionne de bien des façons, selon les cas.

      Le cinéaste nous épargne les détails ennuyeux, va droit au but. On pourrait alors reprocher à Animal Kingdom de ne pas offrir les émotions faciles que le cinéma nous offre à l'accoutumée, du moins un peu de substance, à l'image du décès de la mère du gamin qui laisse absolument tout le monde indifférent. Le film est brute de décoffrage, froid, violent et peut-être un brin poussif en matière de non ressenti des personnages, mais c'est aussi une belle leçon de ce que devrait être le vrai polar, ne se contentant que de démontrer, dans le cas présent, les mauvaises facettes de nos frères les hommes, de leurs instincts primaires de survie. Du bel ouvrage qui mérite bien ses distinctions nationales. 16/20

    4. Braveheart

      Publié le 03 Fév 2012 à  13:25

      Le film préféré du peuple d'Ecosse. Braveheart, par Mel Gibson, film culte indémodable, rempli de clichés qui n'altère pas vraiment la beauté de l'ensemble. Braveheart, un film ou l'héroïsme, la volonté et les quêtes de libertés prennent tout leurs sens. Il est par ailleurs bien rare de garder un souvenir impérissable d'un film enchaînant les stéréotypes, les catalogages, un film qui passe au-dessus d'un véritable récit pour nous le servir à la sauve hollywoodienne. Oui, la vie de William Wallace à sûrement dû être remarquable, mais à ce point-là! Bref, passé sur les actes de bravoures à répétition et les quelques autres points négatifs, il n'en reste que du plaisir, du bonheur, des émotions et de la joie. Beau, admirablement mis en scène, Braveheart est bel et bien un classique.

      C'est donc là l'histoire de la libération de l'Ecosse, son indépendance d'envers le tyran sur le trône d'Angleterre. La libération politique, en quelques sortes, d'un peuple qui ne supporte plus les exactions commises par l'occupant. Pour le coup, les anglais sont de sinistres individus et les écossais, voir irlandais, sont de redoutables guerriers au grand coeur. Oui, mais ça marche. On met les deux pieds dedans et on redemande. L'important ici est de voir le film comme une oeuvre cinématographique fictionnelle. Oui, si William Wallace à bel et bien existé, le film s'apparente d'avantage à un hommage qu'à un biopic. Ici, tout est prétexte à donner du bonheur au spectateur, de par des scènes d'affrontement exceptionnelles, autant cinématographiquement qu'intense, par une double romance qui fera verser quelques larmes aux donzelles et par une fin héroïque à souhait. C'est un peu le crédo des grandes oeuvres des années 80-90, et on s'en ennuie presque de nos jours.

      Mel Gibson endosse donc la double casquette, et fais quasiment tout juste. Ses répliques sont cultes, ses costumes sont authentiques et ses acteurs ont la tête et la carrure de l'emploi. Braveheart ne se déroule alors plus uniquement qu'aux travers de combats trépidants, mais aussi d'une manière plus subtile, plus politique. Le film nous expose alors les réticences des nobles à se joindre à la rébellion, l'emprise qu'à la cour anglaise sur l'ensemble de l'île de Bretagne. C'est également une lumineuse vitrine en matière de reconstitution moyenâgeuse, dans les décors, sans tâches, les costumes et les atmosphères quasi pouilleuses qui reflètent cette époque violente et ayant clairement divisé, une première pour l'histoire de l'homme, le riche du pauvre. Dans le cas présent, la combat d'un peuple face à la tyrannie fait merveille.

      On se souviendra donc d'un grand Mel Gibson, d'une superbe Sophie Marceau et de fantastiques décors, le tout sur une histoire des grands jours. Si Gibson n'est en rien britannique, il aura trouvé là un sujet pour plaire au monde entier, hormis peut-être au anglais chauvins. Une oeuvre culte, sur laquelle s'expose une bande son qui ne l'est pas moins. Que l'écosse est belle, à l'écran comme dans la morale de son peuple, c'est l'une des pensées qui nous vient à l'esprit au sortir du film. Mel Gibson aura accompli admirablement sa mission. 18/20

    5. Incassable

      Publié le 01 Fév 2012 à  11:25

      Dans la droite ligne de son Sixième sens, très bien reçu par l'ensemble du public et des critiques, Night Shyamalan remet le couvert, toujours avec comme tête d'affiche, à contre-emploi, Bruce Willis, sans artifices capillaires cette fois-ci. Le sujet est nettement moins révélateur aux yeux du grand public, et Incassable, malgré ses multiples qualités, semble boudé et relégué au second plan. Oui, les allusions aux Comics Books, les balbutiements d'un nouveau super-héros d'un genre inexploré, sont sensiblement moins attrayantes que les visions paranormal, et pourtant. L'exercice est très soigné, malgré ce que l'on peut en penser, plus soigné encore que sur son succès précédent, plus subtil en tous les cas.

      Shyamalan démontre une maîtrise parfaite matière de récit, d'écriture, ça on pouvait s'en douter, mais cette fois-ci, c'est également en matière de prise de vue qu'il démontre son talent. Changement de directeur photo pour un bonus en matière de qualité. Oui, les images sont originales, l'utilisation du floue en pourtour d'écran est révélatrice du récit, d'un autre âge mais à la fois intemporel. Ce que l'on remarque aussi, c'est une nette avancée en matière de composition musicale. Décidément, le réalisateur sait s'entourer, pour offrir là, une BO d'anthologie. Pour ce qui est des acteurs, disons que Bruce Willis est absolument excellent, calme, tempéré, naturel, en personnage qui prend tout gentiment conscience de ses facultés. Il n'a d'ailleurs d'égal que Samuel L. Jackson, qui interprète ici sans doute son rôle le plus délicat, le plus subtil, habillé de manière fort originale, avec à la bouche, toutes les répliques révélatrices du récit. Bref, les deux acteurs s'étant déjà côtoyés, pas de surprises de ce côté-là.

      Comme mentionné, et c'est important de la souligner, il n'y a ici aucun élément faisant référence à l'épouvante, à la peur. Non, le cinéaste oriente cette fois son récit vers le surnaturel bon enfant, en quelque sorte, vers l'apparition de ce que la sagesse populaire un super héros. Enfin, le sujet est traité de manière non comparable à toute autre ouvrage, dans le sens où l'on a affaire ici à une scénario original écrit par un homme à l'imagination débordante, mais pas toujours pleinement compris. Il s'agit là, à mon sens, de l'une, si ce n'est, la meilleure des réalisations de Night Shyamalan. Incassable s'avère aussi inclassable, et c'est une particularité que j'apprécie beaucoup.

      Un film osé, bien réalisé, un film pour lequel l'investissement n'a pas été vain, dans le sens où il fait figure de véritable soliste dans sa catégorie, une catégorie difficile à définir. Le réalisateur prend ses marques, nous offre de magnifiques scènes, à l'image du sauvetage de la famille par l'homme en capuche, à l'image d'une magnifique révélation finale. Un excellent film qui fera sans doute date. 16/20