Présumé coupable
Publié le 07 Fév 2012 à 11:49
Vincent Garenq signe là une véritable descente aux enfers, celle d'Alain Maréceaux, homme de loi condamné à tort dans l'affaire d'Outreau. Une affaire de moeurs médiatisée car aillant eu la particularité d'avoir mis sous les verrous de multiples innocents, accusés d'actes de viols sur enfants, de prostitution d'enfants. Des vies détruites par un magistrat égocentrique, dans une affaire ou les preuves matérielles sont inexistantes, ou seul la bonne foi des plaignants, eux même sur le banc des accusés, a été prise en compte. Présumé coupable, réaliser de concert avec Alain Maréceaux, offre une vision poignante de ce que pourrait être, pour tous, la destruction intégrale d'une vie menée avec droiture par la justice dans laquelle l'on croit, et en laquelle Maréceaux y croyait encore d'avantage.
Est-ce la pression publique envers ce genre de crime qui a poussé les magistrats en charge du dossier à ne pas vouloir trouver d'innocents? Nous ne sommes pas là pour refaire l'histoire, juste pour s'estomaquer devant une ignoble bévue qui aura mis à terre des hommes comme vous et moi. A ce titre, le travail de Garenq, derrière la caméra, et de Philippe Torreton, devant cette même caméra, rend un hommage cinglant à l'homme dont on parle ici. L'acteur fait un travail formidable, transpirant soit l'incompréhension de ce qui arrive à son avatar, soit le désespoir avec brio. Les émotions sont crues, les sentences sont violentes, le monde devient soudainement noir et sans espoir, représenté par l'univers carcéral. On vit réellement le calvaire de cet ex-huissier de justice, que cette même justice enfonce dans les abimes de son système destructeur.
Si le film, comme le livre de Maréceaux, accablent la justice, à juste titre, dans l'affaire qui nous concerne, il n'en reste pas moins que le film de Garenq nous fait prendre conscience qu'il est impossible de demander à l'homme l'impartialité face aux horreurs que certains auraient éventuellement pu commettre. Oui, en sommes, le film est le récit d'une grave erreur judiciaire, mais nous fais également prendre conscience que plus le crime est affreux, plus la police, la magistrature, se voit en difficulté de différencier les malfaiteurs des prétendus malfaiteurs. Une idée en tête, et la justice poursuit son bout de chemin, démolissant sur son passage la vie de ses pions, parfois dans la raison, d'autres fois incompréhensiblement.
Une belle leçon de cinéma en matière de script, de ressenti des émotions et de rigueur en matière d'immersion. Garenq, et il n'aurait pu faire autrement, privilégié le réalisme, dans les dialogues, les situations déplaisantes, l'univers de la prison, pour encore plus de souffrance. Un film coup de poing, le terme convient parfaitement, à l'image de l'interprétation de Torreton et des quelques autres personnages principaux, à l'image du ressenti face à cette catastrophe judiciaire, encore plus accentuée par la nouvelle condamnation des accusés suite au retrait de la plainte des plaignants. Remarquable travail. 15/20
Est-ce la pression publique envers ce genre de crime qui a poussé les magistrats en charge du dossier à ne pas vouloir trouver d'innocents? Nous ne sommes pas là pour refaire l'histoire, juste pour s'estomaquer devant une ignoble bévue qui aura mis à terre des hommes comme vous et moi. A ce titre, le travail de Garenq, derrière la caméra, et de Philippe Torreton, devant cette même caméra, rend un hommage cinglant à l'homme dont on parle ici. L'acteur fait un travail formidable, transpirant soit l'incompréhension de ce qui arrive à son avatar, soit le désespoir avec brio. Les émotions sont crues, les sentences sont violentes, le monde devient soudainement noir et sans espoir, représenté par l'univers carcéral. On vit réellement le calvaire de cet ex-huissier de justice, que cette même justice enfonce dans les abimes de son système destructeur.
Si le film, comme le livre de Maréceaux, accablent la justice, à juste titre, dans l'affaire qui nous concerne, il n'en reste pas moins que le film de Garenq nous fait prendre conscience qu'il est impossible de demander à l'homme l'impartialité face aux horreurs que certains auraient éventuellement pu commettre. Oui, en sommes, le film est le récit d'une grave erreur judiciaire, mais nous fais également prendre conscience que plus le crime est affreux, plus la police, la magistrature, se voit en difficulté de différencier les malfaiteurs des prétendus malfaiteurs. Une idée en tête, et la justice poursuit son bout de chemin, démolissant sur son passage la vie de ses pions, parfois dans la raison, d'autres fois incompréhensiblement.
Une belle leçon de cinéma en matière de script, de ressenti des émotions et de rigueur en matière d'immersion. Garenq, et il n'aurait pu faire autrement, privilégié le réalisme, dans les dialogues, les situations déplaisantes, l'univers de la prison, pour encore plus de souffrance. Un film coup de poing, le terme convient parfaitement, à l'image de l'interprétation de Torreton et des quelques autres personnages principaux, à l'image du ressenti face à cette catastrophe judiciaire, encore plus accentuée par la nouvelle condamnation des accusés suite au retrait de la plainte des plaignants. Remarquable travail. 15/20