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Mes Critiques de Films

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    1. La croisée des destins

      Publié le 16 Sept 2010 à  23:20

      « La croisée des destins - Bohwani Junction » est un film, d'aventures, drame et romance, américano-britannique de George Cukor (1956-1h50) /La photo (couleurs et cinémascope) est de Freddie Young et la musique de Miklos Rozsa. Scénario de Sonya Levien, Ivan Moffat et John Masters (d'après son roman).

      Casting : Ava Gardner (Victoria Jones), Stewart Granger (Col. Rodney Savage), Bill Travers (Patrick Taylor), Abraham Sofaer (Surabhai), Francis Matthews (Ranjit Kasel). . .

      Synopsis : 1947 aux Indes. Victoria Jones (Ava Gardner), une métisse moitié anglaise, par son père et moitié indienne par sa mère, militaire en permission rentre dans sa ville de Bhowani Junction. Elle se retrouve partagée entre l'amour de son pays et l'amour pour le colonel anglais Rodney Savage (Stewart Granger) en pleine révolte du peuple pour son indépendance. Le colonel Savage est chargé de rétablir l'ordre en faisant face aux militants. D'une part les pacifistes non-violents menés par Surabhai (Abraham Sofaer), d'autre part les extrémistes menés par un certain Davey, terroriste activement recherché. Savage récupère Victoria qui est encore membre de l'armée britannique. Les anglais sont sur le point de quitter les Indes et Victoria Jones se sent alors exclue par les deux parties de ses origines et doit faire son choix pour son avenir. Elle se trouve à la croisée des destins. . .

      Des scènes ont été coupées au montage pour satisfaire la censure qui s'opposait à la sortie du film à cause de trois séquences jugées trop licencieuses pour l'époque : Ava Gardner sous la douche? Elle se lave les dents avec la brosse de son amant et se rince la bouche au whisky? Le baiser à? vénus que donne Bill Travers à la manière de celui que donne Jean-Marc Bory à Jeanne Moreau dans Les amants de Louis Malle. . .

      Ce film de Cukor est magnifique. Ce réalisateur était celui des femmes, mais de fait il aimait les acteurs au sens large même si l'on peut admettre qu'il sut donner de très beaux rôles aux actrices. Une soixantaine de films en cinquante ans de carrière dont quelques-uns : Les girls , Le milliardaire , Indiscrétions , My Fair Lady , Comment l'esprit vient aux femmes , Une étoile est née , Riches et célèbres , Madame porte la culotte , La diablesse en collant rose , Hantise etc ?

      Conclusion : un magnifique film sur les derniers jours de l'Empire britannique aux Indes qui a nécessité deux ans de préparation et des milliers de figurants.

    2. L'or et l'amour

      Publié le 14 Aout 2010 à  16:49

      Un bon petit western des années 50 !

      "L'or et l'amour - Great Day in the morning" est un western américain de Jacques Tourneur (1956-1h31)
      Scénario : Lesser Samuels et Robert Hardy Andrews (d'après son roman).
      Photo couleurs par Technicolor de William Snyder / Belle musique de Leith Stevens.

      Casting : Virginia Mayo (Ann Merry Alaine), Robert Stack (Owen Pentecost), Ruth Roman (Boston Grant), Alex Nichol'Capitaine Stephen Kirby), Raymond Burr (Jumbo Means), Leo Gordon (Zeff Masterson)...

      Synopsis : Quelques semaines avant la guerre de sécession un sudiste, Owens Pentecost, échappe de peu à des indiens grâce à un nordiste, Zeff Masterson. En compagnie de Ann Merry Alaine, ils se rendent à Denver où Owens va faire la connaissance de Boston Grant, une entraineuse au service de Jumbo Means, qu'il va ruiner au cours d'une partie de poker. Les deux femmes vont rivaliser de séduction pour accaparer Owens. Mais ce dernier a la mission de livrer aux sudistes confédérés un convoi d'or en évitant de se faire prendre par le capitaine nordiste Kirby lorsque la guerre civile éclate...

      Ce très bon western de Jacques Tourneur est rarement référencé et il n'est connu que des amateurs du genre et plus particulièrement des fans de ce réalisateur français émigré aux USA. Plutôt porté vers les films noirs et d'angoisse, il a aussi quelques westerns à son actif dont : en 1946 «Le passage du canyon» , 1952 «Le Gaucho» , 1955 «Un jeu risqué - Wichita» et «Stranger on Horseback» plus un certain nombre d'épisodes tv.

      Deux acteurs du film seront quelques années plus tard des vedettes du petit écran, Robert Stack (Eliott Ness de la série Les incorruptibles) et Raymond Burr (Perry Mason). Dans l'or et l'amour, Raymond Burr, dans un rôle antipathique vole la vedette à Robert Stack qui peine avec un rôle plus complexe. Viginia Mayo, l'une des héroïnes, s'efforce de maintenir au plus haut son personnage face à Ruth Roman, en pleine forme et pétillante de vie. Un peu trop d'intrigues rendent ce scénario un peu confus toutefois, sans être exceptionnel, ce western se laisse voir avec un certain plaisir.

    3. La première balle tue

      Publié le 10 Juin 2010 à  15:36

      Surprenant western d'un réalisateur pratiquement inconnu

      « La première balle tue - The fastes gun alive » est un western américain de Russell Rouse (1956-1h29)
      Scénario de Frank Gilroy (d'après son histoire 'The Last Notch') et Russel Rouse / Musique : André Prévin / Photo : George J. Folsey / Film en noir et blanc.

      Casting : Glenn Ford (George Temple et George Kelby, Jr.), Jeanne Crain (Dora Temple), Broderick Crawford (Vinnie Harold), Russ Tamblyn (Eric Doolittle), Allyn Joslyn (Harvey Maxwell), Leif Erickson (Lou Glover), John Dehner (Taylor Swope), Noah Beery (Dink Wells), J.M. Kerrigan (Kevin McGovern)...

      Synopsis : George Temple installé depuis plusieurs années dans la petite ville de Cross Creek, est un commerçant apprécié de la population. Marié avec Dora, George s'efforce d'oublier un lourd passé. Ne portant jamais d'arme et ne buvant pas une goutte d'alcool, promesse qu'il a fait à sa femme, il est souvent l'objet de moqueries. Cette vie de boutiquier lui pèse et un jour, lorsqu'un voisin raconte comment, dans la ville de Silver Rapids, un tueur nommé Vinnie Harold a tué Falon l'une des meilleure gâchette de la région. George craque?

      Russell Rouse (1913-1987) est un modeste réalisateur qui n'a que 11 films à son actif dont 2 westerns. Il commence sa carrière comme scénariste en 1942 et il passe derrière la caméra en 1951 pour son premier film, « Le puit » un drame qui traite du racisme. Il va réaliser quelques films noirs avant de se tourner vers le western, tout d'abord en 1956, avec « La première balle tue » puis en 1959 pour « Caravane vers le soleil » un western très original, avec Jeff Chandler et Susan Hayward qui m'est en scène des basques rejoignant la Californie pour planter des vignes. Les basques, attaqués par des indiens, vont leur en faire voir de toutes les couleurs en sautant et virevoltant.

      Jeanne Crain (1925-2003) va tourner 55 films de 1943 à 1972 dont 3 westerns. Son premier western en 1953 « La cité des tueurs - City of bad men », en 1955 « L'homme qui n'a pas d'étoile - Man Without a Star » puis en 1956 « La première balle tue ». Très belle femme elle tournera avec les plus grands réalisateurs sur des films noirs, des comédies et des comédies musicales.

      « La première balle tue » est un excellent et surprenant western dont la mise en scène est parfaite et pourtant c'est l'oeuvre d'un inconnu du grand public. Scénario sobre et efficace qui propose une bonne et solide histoire que Russell Rouse utilise de manière intelligente en créant un climat de tension qui va monter lentement au fur et à mesure que l'on se dirige vers le dénouement. Jeanne Crain a 31 ans et sa beauté égale son talent dans un beau rôle féminin. Glenn Ford, quant à lui, joue avec beaucoup de simplicité dans un registre, pour lequel il excelle toujours, le personnage subtil de l'anti-héro. Beaucoup de plans inhabituels où la caméra se trouve placée pour filmer de haut, notamment dans un travelling accompagnant les cavaliers qui entrent à cheval dans le village. Broderick Crawford s'applique à jouer le hors-la-loi sans pitié et quelque peu fanfaron dont l?ambition est de se faire connaitre comme étant le plus rapide et meilleur tireur de la région.

      Bref un western qui semble ne pas payer de mine et pourtant, une belle maitrise de son sujet pour Russell Rouse qui, par moments rivalise avec Anthony Mann, dont il semble s'inspirer, ce qui est un beau compliment pour ce réalisateur pratiquement inconnu. Western à voir absolument.

    4. Le Fils du désert

      Publié le 26 Mai 2010 à  02:17

      Trois hors-le-loi qui se transforment en rois mages?. Wayne se métamorphose?

      « Le fils du désert - Three Godfathers » est un western américain de John Ford (1948-1h46)

      Scénario : Laurence Stallings, Frank S. Nugent et Peter B. Kyne (d'après son histoire). / Photo : Wintoch Hoch / Musique : Richard Ageman.

      Casting : John Wayne (Robert Marmaduke Sangster Hightower), Pedro Armendarriz (Pedro Roca Fuerte), Harry Carey Jr. (William Kearney, 'le Kid d'Abilene'), War Bond (Perley 'Buck' Sweet), Mae Marsh (Mme Perley Sweet), Mildred Natwick (la mère), Jane Darwell (Miss Florie)...

      Synopsis : Poursuivis, pour avoir dévalisés une banque en Arizona, trois bandits, Robert dit'Bob' (John Wayme), Pedro dit'Pete' (Pedro Armendarriz) et William dit 'Abilène Kid' (Harry Carrey Jr.) s'enfuient en essayant d'échapper au sherif Perley (Ward Bond) et à ses hommes, lancés à leur poursuite. Ils vont, près d'un puit asséché, découvrir un chariot dans lequel une femme va accoucher...

      Ce merveilleux film de Ford est pour moi, sur le plan technique, l'égal de La Prisonnière du désert. A ceci près qu'il m'a fallu le voir deux fois pour m'immerger totalement dans l'univers poétique du réalisateur car, au premier regard ce western m'avait paru un peu longuet, une fois, passées, les actions du début et de la poursuite. Le lent cheminement des trois compères, épuisés, sans eau, qui traîne en longueur et provoque un sentiment de lassitude. Ensuite l'émerveillement qui saisit les hors-la-loi, à la naissance du petit garçon, leurs visages fatigués qui s'illuminent. La parabole des rois mages vient immédiatement à l'esprit, c'est d'ailleurs dit dans les dialogues lorsque la lecture d'une bible trouvée, dans les affaires de la maman morte, va dicter aux trois parrains la conduite à suivre. Puis la longue marche dans le désert, à pied, sans eau, avec le bébé sur les bras. C'est la rédemption des bandits qui vont expier leurs fautes dans la souffrance.

      Harry Carey, le père de Harry Carey Jr. Abilene Kid du film, était un ami de John Ford,. Il s'était connu sur les tournages à l'époque du cinéma muet. Harry décède d'une crise cardiaque en septembre 1947, c'est-à-dire 8 mois avant le tournage du film. Comme je l'ai déjà dit sur d'autres évaluations, notamment dans "Le sergent noir", Ford est un ami fidèle et à ce titre sa sensibilité est mise à rude épreuve lorsqu'un de ses proches vient à le quitter. Pour marquer sa peine, pour la mort de Harry Carey Sr., John Ford va lui dédier le film en faisant mettre cette inscription au générique : « To the Memory of Harry Carey, bright star of the early western sky ». Avec un peu d'attention, vous pourrez aisément lire cette citation.

      Très loin de ses chevauchées et des guerres indiennes comme "La chevauchée fantastique", "La Poursuite infernale" , "La Charge héroïque" , "Rio Grande" , "Les Cheyennes" et "Les Deux cavaliers" , loin aussi, de la guerre de Sécession comme "Les cavaliers". Ce western allégorique est bâti par Ford sur le thème des trois parrains, dont l'histoire de Peter B. Kyne avait déjà fait l'objet de 6 ou 7 films, dont deux versions, de John Ford, aujourd'hui disparues, « Marked Men » en 1919 et Action » en 1921. En 1930, William Wyler réalise la sienne « Hell's Heroes » enfin en 1936 le « Three Godfathers » de Richard Boleslawski, pour en arriver au western de 1948 de Ford, évalué ci-dessus.

      Ford c'est la perfection de la mise en scène qui, même sans dialogue, permet, de suivre aisément l'action, héritage de l'époque du muet qui, on ne le répètera jamais assez, fût une formidable école pour les plus grands réalisateurs. Lorsque l'on suit le traveling des cavaliers lancés à pleine course, c'est, pour la technique, une parfaite réussite. La couleur est superbe, ce qui tend à prouver que Ford savait s'entourer des meilleurs directeurs photo et des meilleurs techniciens. Quand à Richard Hageman, encore un habitué du grand Ford, sa musique accompagne le film avec une qualité rare, elle sait se faire oublier. Pourtant les spectateurs qui, c'est mon cas, savent écouter les musiques de films, trouveront parfois de véritables symphonies qui apportent au film une aide non négligeable. Celle de Hageman, pour ce western en est l'illustration. Ce western est une merveille de précision et de direction d'acteurs car, Wayne, l'habituel héro bourru, nous surprend agréablement en jouant un bandit au grand Coeur.

      Un commentaire écrit par Gerlan75 (26 mai 2010)

    5. La loi de la prairie

      Publié le 18 Mai 2010 à  02:20

      Pour amateurs de petits westerns et de James Cagney

      « La loi de la prairie - Tribute to a bad man » est un western américain de Robert Wise (1956-1h35) Sorti sur les écrans français en 1957 / Scénario : Michael Blankfort (histoire) et Jack Schaefer (d'après sa nouvelle) Photo : Robert Surtees / Musique : Miklos Rozsa.

      Casting : James Cagney (Jeremy Rodock), Don Dubbins (Steve Millar), Stephen McNally (McNulty), Irene Papas (Jocasta Constantine), Vic Morrow (Lars Peterson), James Griffith (Barjak), Onslow Stevens (Hearn), James Bell (L.A. Peterson), Jeanette Nolan (Mrs. L.A. Peterson), Chubby Johnson (Baldy), Royal Dano (Abe), Lee Van Cleef (Fat Jones), Peter Chong (Cooky le cuisinier)?

      Synopsis : En 1875 dans le Wyoming, le jeune Steve Millar (Don Rubbins) vient en aide à Jeremy Rodock (James Cagney) alors que celui-ci est en mauvaise posture, monture abattue et blessé par des voleurs de chevaux. Pour le remercier, Rodock l'accueille dans son ranch, où il vit avec la belle Jocaste (Irene Papas). Jeremy Rodock est un patron à poigne et il exècre ceux qui osent voler ses chevaux et fait régner sa loi expéditive, le lynchage?

      Robert Wise (1914-2005) est un réalisateur dont la longue carrière s'étale sur plus de 50 ans et une quarantaine de films. Il a commencé comme monteur et réalisateur de séquences additionnelles, en 1942, sur le film de Orson Welles, « La splendeur des Amberson ». Son premier western remonte à 1948 et s'intitule « Ciel Rouge » avec Robert Mitchum dont c'est le premier film et western, en vedette. Wise a de nombreux métrages à son actif et la plupart sont des réussites comme : « Marqué par la haine » 1956, avec Paul Newman dont c'est le premier film important. En 1958, un film de guerre, « L'odyssée du sous-marin Nerka » avec Clark Gable et Burt Lancaster. 1961, une comédie musicale qui va le faire connaitre du monde entier « West Side Story ». 1965, « La mélodie du bonheur » qui cartonne au sommet. 1966, un autre film de guerre « La canonnière du Yang-Tsé » avec Steve McQueen. Robert Wise ne sera jamais un grand spécialiste de western bien qu'il en eût quelques-uns à son actif.

      La loi de la prairie a eu un début de tournage difficile. Tout d'abord, Spencer Tracy qui a commencé le film et s'est arrêté au bout de quatre jours car le tournage s'effectuait en altitude et Tracy avait des difficultés pour respirer, de plus, il craignait d'avoir un cancer de la peau à cause d'une excroissance de chair qui était apparu sur son visage. Clark Gable, contacté, refusa le rôle, c'est finalement James Cagney qui accepte mais qu'il faudra attendre car il finissait un autre film. Enfin le jeune acteur, Bob Francis, découvert dans "Ouragan sur le Caine", endosse le personnage de Steve Millar et tourne de nombreuses scènes jusqu'au jour où élève pilote il se tue en avion. Tout a été recommencé avec Don Rubbins.

      Ce western se laisse voir avec plaisir car l'histoire est intéressante même si James Cagney, acteur plutôt spécialisé dans les films noirs des années 1930-1940, force le trait, en jouant de sa hargne légendaire. Ce n'est pourtant pas un grand western et l'on doit se contenter d'une intrigue originale mal exploitée. Robert Wise ne parvient jamais a imposer du rythme dans les actions, elles s'étirent trop mollement pour emballer le film et même, le côté dramatique, qui est le point fort, parvient difficilement à émouvoir. James Cagney réussit, par moments, à booster le réalisateur, par son dynamisme assez communicatif. Donc agréable petit western pour les amateurs du genre mais aussi pour les inconditionnels de James Cagney.