Là-haut
Publié le 19 Aout 2009 à 11:53
Pour beaucoup et suite aux succès toujours surprenant des précédents Pixar, c'est l'exigence qui prime devant ces films. Le prochain sera-t-il aussi bon que celui d'avant ? Sera-t-il meilleur ? La déception va-t-elle poindre le bout de son nez ?
Aujourd'hui, après 15 ans environ de service et après la concrétisation de 10 longs métrages, c'est un peu le doute et la peur qui s'installent. La peur de sortir d'un Pixar sans le sourire, ne retenant que les défauts et oubliant le reste.
Pourtant, aucune raison d'avoir peur ou de douter de Là-haut car le film est, lui aussi, une réussite, une petite merveille signée du génie de Pixar de bout en bout. Seules quelques erreurs se glissent (comme l'âge de nos deux « vieux » protagonistes qui ne colle pas vraiment) mais il faut les chercher et au final, c'est la tendresse et l'émerveillement qui l'emportent.
L'émerveillement car une fois de plus, le dépaysement est total : après avoir exploré les fonds marins, le romantisme de Paris ou l'infini de la galaxie, c'est au tour de la luxuriante végétation de l'Amérique du Sud d'être prise pour cible, avec le charme que confère cette petite maison transportée par des ballons aux milles couleurs. Cette petite maison volante produit un effet profondément attendrissant, d'une part parce qu'elle a son histoire et d'autre part parce qu'elle s'en va défier un environnement qui n'est pas le sien. Carl Fredricksen fait preuve de témérité en partant à l'aventure, chose dont personne ne l'aurait jamais cru capable. Car c'était plutôt Ellie, sa femme, la véritable aventurière. C'était elle qui débordait d'énergie et d'enthousiasme, elle qui ne cessait de parler et de s'agiter. Carl, lui, écoutait, souriant, calme et tranquille.
Mais depuis qu'il est seul, il n'a plus rien à perdre et l'aventure ne lui fait plus peur. Car Là-haut est un film sur des êtres seuls qui veulent faire leurs preuves. Charles Muntz est un vieil explorateur délaissé par tous et qui désire prouver qu'il n'est pas fou. Russell, le jeune scout, est abandonné par son père à qui il veut prouver que, comme lui, il peut être un Indiana Jones. Doug, le chien parlant, est rejeté par les siens et vont donc montrer qu'il peut être un bon chien. Il y a enfin, Kévin qui ne veut qu'une chose : la tranquillité.
Dans Là-haut, ce sont des protagonistes qui transportent leurs bagages, leurs blessures, leur « passé » et qui vont apprendre la solidarité et l'amitié la plus profonde envers de parfaits inconnus. Ils vont apprendre à se donner et à donner en retour. Car chacun oeuvre pour soi mais également pour l'autre. C'est une circonstance, un lieu qui leur apprend à se dépasser. Et on peut dire que le lieu (les lieux) est de toute beauté. C'est cela aussi la marque de fabrique Pixar : le souci absolument extraordinaire et jusqu'au-boutiste apporté aux détails. Les sons sont remarquables (notamment le « cri » de Kévin), le pelage des chiens est étonnant de réalisme, tout comme la nature si vivante. Là-haut est un débordement de couleurs vives, un torrent de vie.
Le film est aussi un débordement d'amour et de tendresse. Très souvent, on passe du rire aux larmes en une fraction de seconde. Il y a cette douce tristesse qui nous envahit, il y a ce petit sourire en coin qui apparaît et il y a également ces grands éclats de rire provoqués par des scènes réellement hilarantes. Encore une fois, ce Pixar est un bouillonnement d'émotions. Les premières minutes notamment sont un exemple, une leçon de cinéma dans le prolongement même de ce qu'avait pu faire avant Wall-E.
Au final, on trouve bien sur cette morale douce et très discrète. Une morale propre aux Pixar et qui est un peu leur moteur : chaque Pixar appelle à croire, un temps soit peu, en son prochain. A croire qu'il y a du bon en l'autre et qu'on peut y trouver une main tendue, si on accepte de tendre la sienne. Et la plus grande aventure de Là-haut n'est pas celle que vive Carl et Russell, c'est celle du quotidien, celle qu'ont vécu Carl et Ellie durant toutes ses années. Elle est là la véritable aventure : capable de rester amoureux jusqu'à la fin, de rester ensemble quoi qu'il arrive.
Alors, mes amis, peut-être que dans les années à venir certains Pixar feront poindre en vous une légère déception, mais n'oubliez pas que leurs films sont uniques, leurs sentiments sont sincères, leur imagination toujours débordante et leur perfectionnisme toujours éclatant. Et de Là-haut, on sort rempli de bonheur car on était parti durant 1H35 loin du temps?
Aujourd'hui, après 15 ans environ de service et après la concrétisation de 10 longs métrages, c'est un peu le doute et la peur qui s'installent. La peur de sortir d'un Pixar sans le sourire, ne retenant que les défauts et oubliant le reste.
Pourtant, aucune raison d'avoir peur ou de douter de Là-haut car le film est, lui aussi, une réussite, une petite merveille signée du génie de Pixar de bout en bout. Seules quelques erreurs se glissent (comme l'âge de nos deux « vieux » protagonistes qui ne colle pas vraiment) mais il faut les chercher et au final, c'est la tendresse et l'émerveillement qui l'emportent.
L'émerveillement car une fois de plus, le dépaysement est total : après avoir exploré les fonds marins, le romantisme de Paris ou l'infini de la galaxie, c'est au tour de la luxuriante végétation de l'Amérique du Sud d'être prise pour cible, avec le charme que confère cette petite maison transportée par des ballons aux milles couleurs. Cette petite maison volante produit un effet profondément attendrissant, d'une part parce qu'elle a son histoire et d'autre part parce qu'elle s'en va défier un environnement qui n'est pas le sien. Carl Fredricksen fait preuve de témérité en partant à l'aventure, chose dont personne ne l'aurait jamais cru capable. Car c'était plutôt Ellie, sa femme, la véritable aventurière. C'était elle qui débordait d'énergie et d'enthousiasme, elle qui ne cessait de parler et de s'agiter. Carl, lui, écoutait, souriant, calme et tranquille.
Mais depuis qu'il est seul, il n'a plus rien à perdre et l'aventure ne lui fait plus peur. Car Là-haut est un film sur des êtres seuls qui veulent faire leurs preuves. Charles Muntz est un vieil explorateur délaissé par tous et qui désire prouver qu'il n'est pas fou. Russell, le jeune scout, est abandonné par son père à qui il veut prouver que, comme lui, il peut être un Indiana Jones. Doug, le chien parlant, est rejeté par les siens et vont donc montrer qu'il peut être un bon chien. Il y a enfin, Kévin qui ne veut qu'une chose : la tranquillité.
Dans Là-haut, ce sont des protagonistes qui transportent leurs bagages, leurs blessures, leur « passé » et qui vont apprendre la solidarité et l'amitié la plus profonde envers de parfaits inconnus. Ils vont apprendre à se donner et à donner en retour. Car chacun oeuvre pour soi mais également pour l'autre. C'est une circonstance, un lieu qui leur apprend à se dépasser. Et on peut dire que le lieu (les lieux) est de toute beauté. C'est cela aussi la marque de fabrique Pixar : le souci absolument extraordinaire et jusqu'au-boutiste apporté aux détails. Les sons sont remarquables (notamment le « cri » de Kévin), le pelage des chiens est étonnant de réalisme, tout comme la nature si vivante. Là-haut est un débordement de couleurs vives, un torrent de vie.
Le film est aussi un débordement d'amour et de tendresse. Très souvent, on passe du rire aux larmes en une fraction de seconde. Il y a cette douce tristesse qui nous envahit, il y a ce petit sourire en coin qui apparaît et il y a également ces grands éclats de rire provoqués par des scènes réellement hilarantes. Encore une fois, ce Pixar est un bouillonnement d'émotions. Les premières minutes notamment sont un exemple, une leçon de cinéma dans le prolongement même de ce qu'avait pu faire avant Wall-E.
Au final, on trouve bien sur cette morale douce et très discrète. Une morale propre aux Pixar et qui est un peu leur moteur : chaque Pixar appelle à croire, un temps soit peu, en son prochain. A croire qu'il y a du bon en l'autre et qu'on peut y trouver une main tendue, si on accepte de tendre la sienne. Et la plus grande aventure de Là-haut n'est pas celle que vive Carl et Russell, c'est celle du quotidien, celle qu'ont vécu Carl et Ellie durant toutes ses années. Elle est là la véritable aventure : capable de rester amoureux jusqu'à la fin, de rester ensemble quoi qu'il arrive.
Alors, mes amis, peut-être que dans les années à venir certains Pixar feront poindre en vous une légère déception, mais n'oubliez pas que leurs films sont uniques, leurs sentiments sont sincères, leur imagination toujours débordante et leur perfectionnisme toujours éclatant. Et de Là-haut, on sort rempli de bonheur car on était parti durant 1H35 loin du temps?