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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. La Légende de Zorro

      Publié le 28 Nov 2005 à  20:41

      Le vengeur masqué latino à la cape et au beau chapeau est de retour sept ans après de palpitantes aventures qui lui avaient laissé les traits d'Antonio Banderas ainsi qu'une charmante femme au physique avantageux et au caractère explosif. Plaisant, drôle et palpitant, le masque de Zorro était un succès sur tous les niveaux. On prend donc les mêmes et on recommence pour une nouvelle version calibrée 100% divertissante et tout public.


      C'est parti pour un cocktail d'action, d'humour et de sentiments emmené par le splendide couple Banderas / Zeta-Jones malmené par une crise familiale. Martin Campbell connaît toutes les ficelles du genre et en use voire en abuse pour dynamiter une réalisation bien trop carrée, la légende de Zorro semblant sortir directement du modèle type hollywoodien pour les films familiaux. Hormis quelques joyeuses scènes où l'on retrouve l'alchimie du tandem et quelques répliques mordantes, on a l'impression de se retrouver devant un Disney tourné action.


      Bien trop familial, le film aura du mal à séduire le spectateur adulte qui verra là un pur produit pour enfants. Zorro n'est que bonté. Il ne tue pas, ne blesse même pas si ce n'est en envoyant un ou deux coups de pieds ou de poings et ne touche jamais ses adversaires avec la lame de son épée ou son fouet. Pas une goutte de sang ou la moindre petite scène violente ne vient déranger un récit résolument divertissant mais sans originalité. Même l'action, certes toujours aussi bien filmée, laisse sur sa faim, n'allant guère plus loin que les trois sempiternelles scènes de début, de milieu et de conclusion. On peut d'ailleurs noter que les derniers plans d'action réalisés par effets spéciaux sont franchement moches pour un film de ce niveau.


      Mais que reste-t-il si les scènes de bagarre ne sont pas au niveau ? L'humour ? Pas vraiment, le réalisateur ayant essayé de s'y atteler mais n'allant guère plus loin que quelques blagues pour enfants produites par le fils de Zorro lui-même, roi de la cabriole. Sauf que ce gamin est une véritable tête-à-claques, surjouant absolument toutes ses scènes et plombant le film de sa seule présence. Seul le couple marche impeccablement et l'on sent entre les deux acteurs une réelle complicité qui aurait pu être mieux exploitée si le scénario avait été moins bancal.


      Loin d'être mauvais, la légende de Zorro déçoit, tout simplement. Bien en deçà du niveau premier volet sur tous les plans, le film joue la carte de la facilité en ciblant un public familial pas trop regardant où les charmants bambins riront de bon cœur. L'adulte, lui, ne sera pas ébloui, juste gentiment diverti.



    2. Palais Royal !

      Publié le 28 Nov 2005 à  20:36

      Valérie Lemercier s'attaque avec Palais royal, son troisième film, au petit monde des têtes couronnées qu'elle est supposée égratigner par son habituel ton pince-sans-rire et vulgaire. Mais plus qu'une satire grinçante et piquante sur le travers des familles royales, on arrive dans un autre palais royal, celui de Valérie Lemercier. La réalisatrice qui est également actrice principale et scénariste fait un grand numéro de narcissisme dont le seul et unique but est de se mettre en valeur. On a vu mieux, surtout lorsqu'on veut rire d'un monde fondé sur les apparences et l'égocentrisme.


      Elle aurait d'abord mieux fait de se concentrer sur le scénario et la réalisation, tous deux exécrables. L'histoire est aussi épaisse qu'un filet d'eau et particulièrement bancale, partant dans toutes les directions pour arriver sur une fin qui n'en est pas vraiment une. L'idée de mettre au pouvoir d'un petit pays comme Monaco deux individus presque normaux et insérés dans la société était louable. Seulement tout le reste n'a aucun sens et ne reflète jamais cette base. Toutefois, ce n'est sûrement rien comparé à la réalisation d'une médiocrité rarement égalée. C'est mou et moche. La plupart des plans sont fixes, incroyablement classiques et même un téléfilm réussit à faire mieux. C'est lent, sans rythme et votre montre vous déprimera encore plus dans ce moment difficile.


      Si encore le film avait été drôle... Il ne l'est malheureusement jamais. L'humour de Valérie Lemercier est spécial, assez vulgaire et souvent en dessous la ceinture. Il faut apprécier le genre, ce qui n'a pas été le cas. Les gags sont tout de même largement éculés (le coup de la tarte à la crème), souvent poussifs voire répulsifs. Le jeu des acteurs remontera cet amas d'âneries, avec un Lambert Wilson toujours bon dans un rôle d'aristocrate et une Valérie Lemercier qui avait bien étudié son rôle.


      Palais royal est une comédie qui se vautre lamentablement dans cet exercice à moins d'apprécier l'humour vulgaire. Le film a davantage l'effet d'un somnifère couplé à un vomitif. Un nouveau médicament qui a le goût de l'arnaque est sur le marché.



    3. In Her Shoes

      Publié le 28 Nov 2005 à  15:26

      Maggie (Cameron Diaz) et Rose Feller (Toni Collette) sont deux soeurs que tout oppose. L'une joue sur sa plastique et n'arrive pas à se fixer professionnellement alors que l'autre, brillante avocate, se renferme sur ses problèmes d'aspect physique...


      Il a des films comme ça dont l'impact ne prévient pas. On voit tout d'abord une affiche composée de deux jeunes femmes assises sur un canapé en cuir et avec des paires de chaussures en tache de fond. Puis la phrase d'accroche annonce: « 2 soeurs; rien en commun; sauf leur pointure... ». Les deux éléments réunis, il y a de quoi fuir en courant. Et pourtant, l'adaptation du roman de Jennifer Weiner est une oeuvre étonnante et bien plus originale qu'on ne peut le croire.


      Commençant par une vingtaine de minutes de présentation des caractères pendant lesquelles le spectateur se demande où le long métrage va s'orienter, Curtis Hanson, le réalisateur de L.A. Confidential et 8 Mile, met en place une situation dramatique (tensions familiales, trahison, folie, maladie) qui va progressivement gagner une formidable intensité.
      Entre Cameron Diaz et Toni Collette, l'alchimie est parfaite. L'actrice du Mask livre un show physique de premier ordre qui ravira largement la gente masculine. Son corps nu jusqu'au bassin, sa poitrine et ses fringues ultra sexy ont de quoi en perturber plus d'un. Toni Collette, dans un genre opposé, représente la femme sérieuse avec qui l'on souhaite construire sa vie. Ce contraste est la base du conflit récurrent qui atteint les deux jeunes femmes.
      Mais derrière ces querelles douloureuses, les liens uniques de deux soeurs les rapprochent intimement. Tout spectateur qui a la chance d'avoir un (ou des) frère(s)/soeur(s) ne peut pas rester indifférent face à la mise en scène de la fraternité que nous propose Hanson. Grâce à un comique d'une rare finesse, surtout au travers des personnes âgées, il fait apparaître des réflexions sur nous même qui peuvent peu à peu démêler des problèmes de famille.
      C'est assez exceptionnel pour être amplement appréciable, les vieux bénéficient d'une représentation qui les respecte et les honore. Les anciens sont drôles, plein de vie, de souvenirs et d'enseignements. Même si le film est parfois à la limite de la mièvrerie, c'est la positivité et l'émotion pure qui l'emportent.


      Curtis Hanson nous surprend une nouvelle fois avec son In Her Shoes. Mené par une Cameron Diaz qui trouve ici le meilleur rôle de sa carrière, le film charme par son doux humour et la puissance de son histoire de famille et de fraternité

    4. Domino

      Publié le 28 Nov 2005 à  15:25

      Elle s'appelle Domino Harvey. Fille d'acteur décédé, de mère à beau parti, mannequin qui s'ennuie puis chasseur de prime. Elle s'appelle Domino Harvey, et ceci est son histoire. Ou presque...


      Il était une fois, au Pays des Yeux, un grand cataclysme qui sans crier gare pointa à l'horizon. Oh, ce n'était pas le premier, et les courageux habitants avaient déjà, par le passé, affronté les terrifiants sbires du sinistre Michael Bay, dont ils digéreraient à peine les assauts. Depuis, tout semblait calme, et dans l'Orient lointain, le seigneur Takashi Miike lui même semblait disposé à exporter des films visuellement assagis. Mais cette accalmie ne faisait que cacher une menace bien plus terrible, dont le nom fait désormais frissonner tous les habitants du Pays des Yeux : Tony Scott !


      Sur le papier, Domino ressemble effectivement à un film. Des acteurs, un réalisateur doué, de la musique...Même un scénario, aussi presque vrai que complètement affligeant. A l'écran, Domino est un magma d'images et de sensations, porté par des expérimentations et un montage furieux. Autant ne pas le cacher, la plus grande réussite de Domino est esthétique. Le propos, la biographie, le réalisme, voir même le bon goût, tout ou presque se trouve enfoui sous une méchante claque visuelle mêlant noir et blanc, filtre, saturation, split-screen, rembobinage...Le film est comme sa bande annonce, rythme compris. Plein les mirettes, plein les oreilles, Domino laisse presque sur les rotules, joyeux foutoir en forme de flashback géant qui part dans tout les sens. Tout à la fois intense, illisible, violent, grotesque, attachant, lassant et répulsif, le film s'éparpille dans une histoire aussi bordélique que sa forme, mêlant révolution afghane, Mafia, télé-réalité, faux braquage, deux stars déchues de Beverly Hills, symbolique mystico-religieuse et j'en passe, un trop plein qui allié à son visuel disjoncté fait de Domino un objet aussi décoiffant que presque indigeste, doublé d'une biographie où l'on se moque complètement de ce qui se passe. Car le film perd autant qu'il gagne de sa conception furibarde, désamorçant sous des tonnes d'artifices pompeux des scènes qui auraient pu être excellentes si plus sèches. Parfois hilarant, à l'image de cet inénarrable Jerry Springer Show qui tourne au pugilat, parfois pathos, souvent rendu trop artificiel par les folies conceptuelles de Tony Scott, Domino ne touche à la grâce et à l'émotion qu'à sa toute fin, passant d'une fusillade désespérément irregardable à une conclusion terriblement humaine. Pari perdu ? Peut être pas. Domino est un film lancé à cent à l'heure, nous présentant l'histoire romancée d'une jeune femme qui vivait à cent à l'heure. Si l'on en croit Tony Scott, Domino Harvey, décédée en 2005, eut une vie trépidante et dans un sens, Domino dans sa forme capte ce train de vie insensé, tellement difficile à cerner, mais qui, somme toute, déchaîne la fascination. Un film pas comme les autres pour une femme pas comme les autres. Concept englobant toute la réussite et tout le ratage de Domino.


      A mi-chemin entre le chef d'oeuvre et le navet du mois, film partant autant dans les hauteurs que se sabordant lui-même, Domino est une expérience à vivre pour se forger sa propre opinion. D'un point de vue purement sensitif, Domino est une bombe qui met dans un état d'excitation assez incroyable. D'un point de vue cinématographique, malgré un casting fort et la maîtrise indéniable de Scott, le débat est désormais ouvert...


    5. 40 ans, toujours puceau

      Publié le 28 Nov 2005 à  15:24

      A 40 ans, Andy Stitzer (Steve Carell) est encore puceau. Au cours d'une partie de cartes, ses collègues de travail l'apprennent. Immédiatement, ils se mettent dans la tête de lui trouver une partenaire sexuelle...


      Considéré comme « la meilleure comédie de l'année 2005 » par certaines critiques américaines et surtout caractérisé par plus de 100 millions de dollars de recettes, on pouvait attendre mieux de 40 ans, toujours puceau. Le film de Judd Apatow navigue entre humour débile, blagues vulgaires, quiproquos, remarques machistes et scénettes à tendance niaises.


      Porté par l'impressionnant Steve Carell (Présentateur vedette : la légende de Ron Burgundy, la série The Office US), rempli d'expressions explicites, le long métrage donne la belle part aux gags visuels et à des silences déclencheurs de rires. A la manière d'un Peter Sellers ou d'un Jim Carrey, Carell change aisément de facettes, allant de l'ébahissement à la bêtise en passant par le mensonge et le satisfaction enfantine.
      Les paroles sur la gente féminine ont de quoi en froisser plus d'un et une. Les femmes sont souvent réduites à des sexes, des corps et qualifiées avec des mots tels « bitch », « whore », etc. A titre d'exemple, les blondes sont forcément des cruches nymphomanes. Même si cela représente le discours d'un bon nombre d'hommes, on peut tout de même le regretter. Cela va de pair avec des plaisanteries vulgaires telles un jet de vomi en pleine tête ou s'uriner dessus.
      Néanmoins, le film trouve globalement un rythme moins douteux où certaines scènes se démarquent: la séance d'épilation, le « speed dating », l'essayage de préservatifs, le rendez-vous chez le conseiller sexuel... Intelligemment, les scénaristes se moquent des clichés entre races en lançant des vannes assassines sans discriminations.


      Entre une tendresse nostalgique envers un adulte qui n'a pas vraiment grandi (le coup des figurines des années 70 et 80 est délicieux), des blagues savoureuses, une vulgarité parfois trop lourde et un final forcément un peu gnan gnan, 40 ans, toujours puceau ne parvient pas à trouver un vrai équilibre. Les français seront beaucoup moins touchés que les américains par ce héros qui attend le jour du mariage pour faire l'amour.