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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Les Meilleurs amis du monde

      Publié le 13 Juin 2010 à  23:17

      Les teasers efficaces du film de Julien Rambaldi laissaient augurer une comédie des plus acides pour débuter l'été. Force est de constater que l'on a été trompé sur la marchandise. La faute a un scénario qui s'égare dans des situations plus ou moins drôles avec une fâcheuse tendance à lisser sa thématique principale : l'hypocrisie ordinaire entre amis. Pour montrer les retombées de cette attitude , Rambaldi multiplie les points de vue , ne va jamais au bout de chacun , simplifie son propos , rend stérile l'évolution de ses personnages et devient hypocrite avec le spectateur. Un comble. La peur sans doute de dépeindre avec pertinence la complexité des rapports d'amitiés , sujet de cinéma tellement riches.On se console avec le quatuor de comédiens savoureux (Marc Lavoine en tête plus moche que jamais en beauf as de WC high-tech) des gags et répliques jubilatoires et quelques détails stylisés avec finesse.

    2. La Vague

      Publié le 09 Avr 2009 à  20:24

      L'Allemagne peut-elle connaître une deuxième dictature ? C'est la question que pose un professeur jeune et novateur a une classe d'élèves lycéens chargé de réfléchir sur l'autocratie pendant une semaine. Pour donner un aspect ludique à cette loudre interrogation , le pédagogue décide de l'aborder sous la forme d'un jeu de rôle dont il sera rapidement le leader. D'abord enthousiasmante , cette idée virera rapidement au drame.C'est sur ce postulat de départ intéressant que commence "La vague" , malheureusement le film est complétement raté et même dangereusement mauvais à cause d'une superficialité qui gangrène la totalité des scènes.En effet , cette production n'est qu'un alignement de dialogues plus creux les uns que les autres , interprété par des acteurs tout droits sortis d'une mauvaise sitcom allemande à la "Plus belle la vie" essayant de donner chair à des personnages caricaturaux au possible (entre la rebelle anti-capitaliste qui sort toujours son discours préconçu sur les inégalités mondiales et le jeune mal dans sa peau qui trouve en ce nouveau jeu , une occasion de s'affirmer et qui fera que tout va déraper très vite). De plus , la mise en scène punchy et tape à l'oeil de Dennis Gansel , voulant donner un aspect provocateur voir coup de poing et un ton subversif ne fait que rabaisser la crédibilité de l'entreprise. On est vite énervé devant le manque de profondeur du discours qui a en toile de fond les faits historiques les plus honteux du monde. Aborder au cinéma le poids de la culpabilité des années nazis sur l'Allemagne actuel aurait necessité un peu plus de finesse et de rigueur que ce film insipide prenant les voies de les plus convenues pour démontrer sa théorie.

    3. La Fille de Monaco

      Publié le 22 Aout 2008 à  4:47

      Sous des apparats confortables , le cinéma d'Anne Fontaine creuse en réalité les troubles humains les plus refoulés. Avec "La fille de Monaco" , la réalisatrice livre un regard particulièrement subtil sur la destabilisation des hommes face à leurs désirs qui dit dans le film suspendent le temps. Sous le luxueux et superficiel décor de Monaco , un avocat , son garde du corps imposé vont peu à peu se perdrent face à la frivolité et le désir représenté par la miss météo locale. Le bon rythme du film s'imprime dés le départ grâce à un ton comique entre l'ambivalence des rapports des deux hommes et le choc des cultures entre la fille légère et insouciante face à la rigidité de l'avocat. Progressivement , le récit bascule vers un climax d'ambiguité ,(propre aux scénarios d'Anne Fontaine) , appuyé par aucun effets , le résultat est du coup très troublant pour le spectateur. Le contraste entre le décor paradisiaque et le propos d'un cynisme élégant est glaçant. Le talent de Fontaine est aussi dans son choix d'acteurs , les jeux opposés de Fabrice Luchini et Roschdy Zem au milieu de la fraîcheur débutante de Louise Bourgoin s'accordent dans une parfaite harmonie. En utilisant leurs personnalités marquées et la direction de son scénario , le spectateur à l'occasion de les voir sous une apparence différente. Le film serait presque parfait sans quelques facilités scénaristiques et une maîtrise trop tenu. Mais il faut reconnaître la réussite d'Anne Fontaine qui en désaccordant le fond et la forme dévoile un propos très fin qui n'oscille pas vers la critique facile mais plus vers une reflexion rose et noir sur un thème pourtant rebattu au cinéma.

    4. Surveillance

      Publié le 01 Aout 2008 à  0:08

      La deuxième réalisation de Jennifer Lynch (fille du réalisateur culte) divisera entre les inconditionnels des oeuvres du père et ses détracteurs. Piochant ouvertement dans ses choix esthétiques , de mise en scène , d'atmosphère et de musique , "Surveillance" condense "Lost Highway" , "Mulholland Drive" et "Inland Empire" d'une manière peu subtile , tout en réusissant à nous tenir en haleine , grâce au déroulement d'un scénario cultivant avec délectation une certaine noirceur et un humour morbide assez savoureux. Mais la réussite du film de Jennifer Lynch est dans sa construction , car nous sommes à l'opposé de l'univers de son père ou il n'existe aucune linéarité mais plutôt un tourbillon d'images ou l'on se perd volontiers. Ici la linéarité , mêlé aux flash-back faisant avancer le scénario définit l'identité du film : un film de genre Lynchien ou les codes classiques sont empruntés par chemin détourné , mais restant accessible à ceux qui ont toujours été frustré aux oeuvres du maître. "Suveillance" possède donc un début et une fin claire mais reste surtout un thriller malsain , étrange et astucieux que l'on regarde avec un plaisir coupable. Sans atteindre le génie de son père , mais en proposant une variation de son univers , Jennifer Lynch réussit son coup et laisse augurer une suite de carrière plus qu'intéressante.

    5. Un Monde à nous

      Publié le 22 Juil 2008 à  9:50

      La réussite d'"Un monde à nous" de Frédéric Balekdijan est la résultante d'un scénario original et solidement construit tenant ses promesses jusqu'au bout , mélangeant deux genres qui a priori n'ont rien en commun : thriller et film pour enfants. En effet , on met la lumière sur la relation rigide entre un père et son fils arrivé dans une ville tranquille pour fuir un passé douloureux. Une relation particulière qui montre la volonté d'un père de forger un caractère méfiant et sur la défensive à son fils afin de lui éviter le pire. L'associabilité du père va lentement fissurer la relation avec son fils qui n'a qu'une envie , s'intégrer et commencer sa période adolescente avec toutes les joyeueses découvertes qu'elle comportent. Et puis , les deux imaginaires se télescopent , celui du père en proie aux démons du passé et celui de son fils idéalisant finalement un père dur mais protecteur. Plusieurs questions se posent , qui protége qui ? Qui est vraiment l'enfant de l'histoire ? Qui se cache derrière les masques ? Le réalisateur distille ses réponses avec beaucoup d'habileté grâce à la légèreté de certaines scènes , le tout habillé avec une tension palpable entre les deux protagonistes. Sans aucun temps mort , bourré de moments forts , porté par un duo à l'unisson (Anton Balekdijan et le formidable Edouard Baer dans un contre-emploi discret et plus que réussi) "Un monde à nous" fait partie des bonnes surprises de cet été et aussi d'un pan du cinéma français sachant raconter des histoires avec une vraie audace. A ne pas manquer.