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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Nouvelle cuisine

      Publié le 13 Nov 2006 à  17:48

      Le mythe du Graal revisité à la sauce chinoise par le réalisateur Fruit Chan. L'œil du cinéphile pourrait être agacé par cette rallonge d'un des trois courts métrages contenue dans l'œuvre « 3 Extrêmes ». Car de prime abord, le pitch reste le même, il est simplement développé, voire comme le dirait certains gonflé à outrance au format d'un long.

      C'est vrai que le film repose sur une certaine pesanteur dans la réalisation et l'enchaînement des scènes, c'est un parti pris. Mais il recèle surtout par son traitement néo réaliste une vraie dimension d'un film qui oscille à la limite, si ce n'est du fantastique, du fantasque au sordide. Et du spectateur de se laisser embarquer dans ce récit ô combien troublant.

      La photo jouxtée à des décors inquiétants renforce ce sentiment de malaise croissant et les deux actrices principales n'y sont pas étrangères non plus tant elles s'imprègnent de leurs rôles avec beaucoup de sensibilité.

      Si l'on échappe pas de temps en temps à un léger ennui, l'ensemble est suffisamment fort et démonstratif pour allécher notre instinct de voyeur. Une curiosité.


    2. Le Labyrinthe de Pan

      Publié le 06 Nov 2006 à  15:34

      « Le labyrinthe de Pan » vous saisit comme un sortilège. Vous plongez dans l'histoire tout garde baissée et vous vous laissez manipuler par l'enchanteur Del Toro.

      Maladroitement présenté comme un film fantastique, ce film est avant tout une œuvre sur la désespérance. La toile de fond est l'avènement du franquisme en Espagne et des heures sombres et horribles qui en découlèrent. Le leitmotiv est le choix. Celui d'être du bon ou du mauvais côté, celui de se sacrifier ou non pour une cause, enfin celui de vivre au quotidien la souffrance ou de s'évader vers un ailleurs plus chimérique.

      C'est ce que fait Ophélia, petite fille perdue entre un père décédé trop tôt et une mère qui a lâché prise sur son destin. Comme Alice au pays des merveilles, Ophélia trouvera la porte d'entrée d'un monde qui s'il n'est en rien féérique lui donne une liberté de choix. Un monde composé de faunes et de fées, de croque mitaine et des monstres hideux avec lesquels elle devra composer un parcours initiatique courageux dont la noirceur n'a d'égal que le côté apaisant face à une réalité plus dure encore.

      On sent l'implication de Gillermo Del Toro dans son scénario abouti jusque dans les moindres détails. L'incursion de l'univers chimérique, loin de casser le rythme, se pose comme le pendant optimiste de l'univers d'Ophélia. Extrêmement complexe et pourtant très fluide, le récit alterne violence et onirisme et reflète une vision critique de l'histoire tout en faisant un parallèle avec notre société d'aujourd'hui.

      Mais ce qui impressionne plus encore dans ce film, c'est son incroyable maîtrise. La mise en scène sans complaisance et intelligente est accentuée par un ensemble technique époustouflant. La photo, les effets spéciaux, la bande originale tout contribue à donner à ce film une vraie dimension de chef d'œuvre. Il est porté également par trois comédiens ahurissants : Sergi Lopez tout en retenu en militaire sadique, Maribel Verdu troublante et bouleversante et la petite Ivana Baquero tellement attachante.

      Le Labyrinthe de Pan est un film exemplaire. Comme « Le vent se lève » il dénonce la guerre civile, avec cependant plus de force et d'originalité et surtout moins de banalité… C'est peut-être cela qui a perturbé le jury à Cannes… Afficher au monde la qualité d'un tel film était sans doute trop courageux… Après tout c'est une question de choix !

    3. Little Miss Sunshine

      Publié le 01 Sept 2006 à  12:22

      "Little miss sunshine" est sans conteste la comédie de l'été. Désopilante, émotionnellement touchante et diablement bien écrite et ciblée. Il aura fallu plus de cinq ans aux deux réalisateurs Dayton et Farris, venus de la télé, pour monter ce petit bijou de simplicité et de tendresse. Mais le résultat est là, et l'on ne peut que se féliciter de leur ténacité.

      Cette espèce de road movie à la limite de la satire, met à mal les grandes valeurs de la société américaine sur la famille, le couple, l'adolescence, pour mieux dénoncer l'intolérance, la bêtise et l'individualisme. Et dans ce foyer d'azimutés où le nihilisme règne sous toutes les formes possibles, le périple découlera à son zénith sur un formidable message d'amour et d'optimisme.

      Les dialogues percutants et les scènes délirantes font mouches, servis par des acteurs adorables. La petite Abigail Breslin est croquante, les parents Greg Kinnear et Toni Collette sont touchants, Alan Arkin le grand-père marginal est truculent, Steve Carell l'oncle, véritable clone de Nanni Moretti est profond et la palme revient à Paul Dano, le frère, qui en ado révolté est tout simplement surprenant d'expression.

      A ce casting hors du commun et brillant, il faut ajouter des effets de mise en scène astucieux, une bande originale acidulée parfaitement calquée à l'action et un ton général dont le côté rafraîchissant n'est pas la moindre des qualités.

      Un film à rire aux larmes autant qu'à pleurer à gorge déployée, indéniablement l'un des must de 2006 !

    4. Taxidermie

      Publié le 01 Sept 2006 à  12:19

      On peut s'interroger sur la sincérité de la presse quant à l'appréciation de ce premier film d'un jeune réalisateur hongrois. Parabole mystique sur la famille et sur la genèse d'un artiste, critique acerbe et sociale de la Hongrie à travers trois grandes périodes vécues (celle qui a amené l'ère soviétique, le joug russe, et aujourd'hui) ou film sévèrement insolent et novateur… On a tout lu. A un point tel que l'on se demande si cet épouvantable exercice de style ne se trouve pas encensé juste parce le fait qu'il soit tendance ou volontairement provocateur comme le furent en leur temps et toutes proportions gardées « La grande bouffe » de Ferreri ou « Element of crime » de Triers présentés eux aussi à Cannes.

      Il fallait vraiment que la sélection dans son ensemble soit mineure pour faire de « Taxidermie » le film évènement à ne pas rater…

      De quoi s'agit-il en fait ? Sur trois séquence temps, Györgie Palfi raconte le parcours de trois générations d'hommes ; le grand-père sous-officier et déviant sexuel, le fils compétiteur soviétique de bouffe ingurgitée et le petit fils véritable verrue des deux précédents qui ambitionne d'élever la taxidermie au rang de l'art… Jusque là, on peut se réjouir du manque de conformisme.

      Le seul problème, et il est de taille, tient à l'illustration racoleuse et malsaine du film. Tantôt pornographique, nauséeux voire même franchement gore, rien ne nous est épargné. Le pire, c'est la gratuité évidente des images sur lesquels Palfi insiste lourdement dans un but que lui seul semble connaître. Et en plus il le fait avec talent, car certains de ses plans sont sublimes (la rotation de « la baignoire de la vie », la scène finale…).

      Mais même brossée avec un esthétisme sulfureux, rien n'enlèvera à cette œuvre son abjecte et absconde inutilité.

    5. Le Vent se lève

      Publié le 01 Sept 2006 à  12:19

      Chaque année, le festival de Cannes s'achève dans un esprit de fronde quand le Président annonce le nom du film qui a obtenu la Palme d'Or… Chacun y voyant son chouchou qui n'est bien évidemment jamais celui qui est retenu. 2006 ne faillit pas à la règle. Le film de Ken Loach, si essentiel qu'il soit de par son sujet n'est ni le meilleur film de la sélection, ni même celui de son auteur que l'on a connu plus mordant par le passé.

      Bien évidemment, on se sent concerné par le parcours de ces deux frères, dans les années 20, si différents et en même temps si complémentaires qui s'enrôlent dans l'armée de l'ombre irlandaise. Leur parcours se pose comme une métaphore de la lutte acharnée qui a toujours opposé la perfide Albion à la petite sœur catholique, entre lutte sanglante et résignation. Leur histoire recompose l'Histoire, et c'en est très poignant.

      Mais Ken Loach apporte à la mise en scène un tel académisme, que ça en devient très vite pesant. En voulant filmer à la ligne chacune des pages du scénario, il vient diluer toute la force qu'on pouvait en attendre. Trop linéaire, trop plan plan le film se traîne un peu. Même la technique, particulièrement soignée nous fait penser à un James Ivory des mauvais jours.

      Seuls les acteurs viennent nous rappeler l'intensité du drame vécu par l'Irlande, avec en tête le duo Cillian Murphy / Padraic Delaney qui réussit à nous donner une émotion qui fait défaut quelque peu au reste du film. Dommage