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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Jour de fête

      Publié le 29 Mai 2008 à  1:10

      Du premier film réalisé par Jacques Tati mais sorti en dernier au cinéma, dans sa version couleur, presque tout a été dit. Quand Serge Daney comprend que depuis déjà «Jour de fête» (France, 1949), Tati ne met en scène qu'un monde où les médias obstruent la circulation des informations, que reste-t-il à dire ? La même chose en plus aigu. Le récit de ce facteur qui, un jour de fête rurale, ne réussit pas à livrer son courrier à bicyclette sinon en singeant la «méthode américaine» va bien plus loin que la seule critique du média. Tandis que la France a été libérée depuis quatre années par une grande majorité d'américains, Tati en vient à critiquer leur supériorité. Le sens bucolique de Tati qui par la suite devient une poétique du burlesque n'est pour ce premier film qu'une opposition de deux régimes de vie. Dans «Les vacances de M. Hulot», Tati est cet homme esseulé, gai dans sa maladresse. Le personnage de Hulot se développera comme l'isolat comique sur lequel glisse ridiculement une certaine modernité superfétatoire. «Jour de fête» ne dispose pas encore de cette poétique, certainement car il n'est pas une création. Fruit des saynètes de «L'école des facteurs» et du style de René Clément dans «Soigne ton gauche», dans lequel Tati joue, «Jour de fête» est une synthèse qui sert d'exercice de mise en scène. La dichotomie entre la ruralité traditionnelle et la modernité gadget est tellement soulignée par Tati que le charme n'est qu'à moitié sensible. Les borborygmes des villageois, dont Boon s'est certainement inspiré pour ses «...Ch'tis», participent en revanche à la musicalité du film. Carousselle coloré, la version de 1995 donnent au plan l'étrange plastique d'un film d'animation. La mise à plat des décors et des gens accentue l'archaïsme du petit village. De même que les teintes diaphanes pallient les objets. Cette communauté frêle que Tati met en scène fait passer une Amérique caricaturée pour un amas de superficielle.

    2. La Mort aux trousses

      Publié le 23 Janv 2008 à  1:25

      En pleine Guerre froide, Alfred Hitchcock donne crédit à la paranoïa américaine dans «North by Northwest» (USA, 1959). Un publiciste casanier, Roger Tornhill (Cary Grant), se voit impliqué contre son gré dans une machination secrète qui le dépasse. Faire d'un protagoniste commun le héros d'une intrigue singulière aide à la catharsis et à l'émotion. Durant la première moitié du film, Tornhill se débat pour convaincre sa mère et la police de son innocence. L'incroyable embourbement dans lequel se confond Tornhill nous plonge dans une hallucination à l'issue impossible. Hitchcock, manipulant son sujet, entretient, un vrai jeu avec le spectateur, le mettant tantôt dans la confidence de l'intrigue tantôt non. C'est ainsi, notamment, que le mystère du personnage de Kaplan reste longtemps un moyen de spéculations pour le spectateur avant que d'être révélé. La dialectique hitchcockienne fait son plein effet. Ce qui est fascinant chez Hitchcock, c'est la façon dont le cinéma dispose d'une grande force sous le vernis apparent d'un (excellent) film de divertissement. L'œuvre peut très bien s'aborder comme un film classique aux rouages usés d'avoir trop servis. Ce serait toute fois évincer la grande puissance que le film contient. Car c'est aussi et surtout, en vue de l'ingénieuse conclusion, une histoire d'amour dont le déroulement se pare d'évènements extraordinaires pour traduire les difficultés de la séduction. Ce qu'il y a de plus hitchcockien demeure là, hormis la mise en images de ses thèmes de prédilection, son humour caustique britannique. La scène d'ivresse, à l'allure potache, est un exemple flagrant de l'humour du cinéaste et de sa cinglante imagination. Or ce n'est ni dans l'humour, ni même dans le traitement narratif qu'il voir la grande réussite du film, ce n'est pas totalement dans Hitchcock que l'œuvre s'accomplit. Bernard Hermann et sa composition ordonnent la maîtrise du spectateur par les sons. Ôtez le son et les images délaissent de leur charme angoissant.

    3. The Truman show

      Publié le 31 Aout 2007 à  20:37

      On aura entendu pas mal de choses à propos du fameux "Truman Show" mis en scène par Peter Weir en 1998 et offrant enfin à Jim Carrey un rôle à contre-emploi. Mon appréciation est moyenne car si j'ai dû attendre presque une heure pour me laisser séduire, mon attention fut relativement élevée lors d'une dernière demie-heure bien plus riche qu'il n'y paraît. C'était pourtant bien mal engagé : humour à deux balles, réalisation lourde, interprétation convenue mais surtout accumulation de nombreux clichés quant à la soi-disant analyse des dérives de la télé-réalité. Bien sûr, si vous considérez que c'est vilain pas beau d'observer les gens car tout être humain normalement constitué doit savoir se détourner de ce qui ne le regarde pas (vous pensez ne pas être un tant soi peu voyeur) ou encore que chacun doit vivre indépendamment des autres, cette première heure bien Hollywoodienne dans son crétin bourrage de crâne insupportablement moraliste (au passage de façon douteuse) vous conviendra. Grossier, grotesque, prenez les adjectifs que vous voulez. Curieusement (tant mieux), la seconde moitié a un trait nettement plus affiné, des objectifs plus intéressants et des thèmes à traiter s'accordant autant avec le cinéma que la société dans laquelle nous vivons. Métaphore de la mise en scène, réflexion sur les liens entre artiste et public, proposition d'une façon nouvelle de percevoir les "créateurs", sans oublier de pointer du doigt ce qu'a pardoxalement tenté de faire "The Truman Show" au début à savoir nous laver le cerveau, interrogation sur les comportements adoptés en fonction des réactions de la masse ainsi qu'une ironie féroce sont au programme. Bizarre que le film de Weir soit autant pile et face, pourquoi s'est-il encombré d'une telle introduction ? A signaler que le scénario est signé du visionnaire Andrew Niccol, passé depuis derrière la caméra avec un style particulier malgré un niveau inégal.

    4. L'Etrangleur de Boston

      Publié le 23 Juil 2007 à  10:18

      Réalisé par Richard Fleischer en 1968, "L'Etrangleur de Boston" n'est pas qu'un banal film de tueur en série tant les sujets qu'il déploie et sur lesquels il nous interroge s'avèrent passionnants. En effet, on peut le voir comme un précurseur de beaucoup d'autres oeuvres car la façon dont il évoque les médias, leur pouvoir et les conséquences engendrées sur la population apparaît comme résolument moderne et réfléchie. Leurs informations et le ton étant donné à ces dernières est suffisamment explicite de la manière dont ils peuvent parfois changer les choses (souvent en mal). La description de la société par ses membres est tout à fait cynique, drôle, reculée mais également inquiétante car pointant du doigt les obsessions surgissant en chacun de nous et le regard que nous portons envers un malade alors considéré comme phantasme inaccessible et par conséquent excitant pour beaucoup. La mise en scène est extrêmement inventive et originale grâce à une utilisation inédite du split-screen franchement emballante. Et puis ça part un peu en sucette : cet aspect visuel devient synonyme d'alarme pour le spectateur, comme un signal avant un événement important ce qui ternit considérablement la tension. Fleisher y trouve le remède sur une ou deux séquences mais se voit très vite limité. De plus, son intrigue n'est guère passionnante : enquête à la Sherlock Holmes une heure durant, pseudo-tentative de l'univers d'un schizophrène dans la seconde : ça traîne en longueur, c'est bourré de clichés et absolument rien ne parvient à l'en sortir. Tony Curtis, aussi bon qu'il soit captive lors de ses premières apparitions puis se met ensuite à jouer dans le vide, la faute à un personnage dont nous cernons trop vite les apparences. Le flic intègre poussé dans ses retranchements psychologiques (Henry Fonda) n'offre pas d'approfondissement intéressant, hormis sur une scène. Flesiher a réussi la moitié de son film, il s'est perdu le reste du temps.

    5. Le Contrat

      Publié le 23 Juil 2007 à  10:11

      En plus d'être une époque propice au déferlement de blockbusters de tout poil, l'été est le moment que choisissent certains distributeurs pour sortir, un peu l'air de rien, des films qui traînent sur une étagère, pour des raisons bien souvent qualitatives. La preuve cette semaine avec "Le Contrat" : tourné durant l'été 2005, ce thriller forestier met aux prises Morgan Freeman et John Cusack. Le premier incarne un caïd de la mafia qu'un entraîneur de basket (Cusack) en randonnée avec son fils, recueille après un accident. Le malfrat étant activement recherché par le FBI, pour cause d'attentat en préparation, il doit absolument être conduit au bureau du shériff le plus proche. Ce qui complique sérieusement la joyeuse balade à but réconciliative entre le père et son rejeton, puisqu'ils se retrouvent - forcément - avec une armée de tueurs aux trousses. Du coup, ils se retrouvent contraints de descendre un ravin sous la pluie, traverser un pont de bois sous un feu nourri, sachant qu'ils ne peuvent pas appeler à l'aide, faute de réseau, alors que leurs chasseurs, eux, surfent sur internet en plein cœur du bois. Voilà pour l'incohérence de l'année, défaut parmi tant d'autres d'un thriller qui manque de souffle, et ne doit son salut qu'à la composition de Morgan Freeman et une fin plutôt maligne, John Cusack n'étant concerné que par intermittences, alors que tous les personnages se ruent vers une piste (alors qu'on a compris la feinte depuis belle lurette) et que Bruce Beresford joue à John Woo et cale un ralenti par impact de balle. Le jeu de mots paraîtra facile, mais ce contrat-ci n'est vraiment pas rempli.