A noter

Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. La Poursuite impitoyable

      Publié le 05 Sept 2007 à  11:17

      Accusé d'un crime qu'il n'a pas commis, Bobby s'évade de prison et revient dans sa ville natale où il se cache chez un garagiste noir. Celui-ci prévient immédiatement le shériff qui décide d'aider Bobby. Mais la population, au courant de l'affaire, poursuit le prisonnier afin de le tuer.

      Ce film montre de façon assez étonnante et efficace comment une sorte d'hystérie collective s'empare d'une ville du Sud des Etats-Unis à l'occasion de l'évasion d'un prisonnier natif du lieu. Arthur Penn dresse un tableau vraiment noir de la bourgeoisie locale, oisive et avide de situations dramatiques et la situation semble ne jamais s'arrêter d'empirer. Le film est même dur par endroits, assez cruel. Il est en tout cas assez bouleversant. Ainsi, le cinéaste signe une critique acerbe de cette société américaine des années50 et 60, plus prompte à juger autrui qu'à se regarder elle même...

      "La poursuite impitoyable" est conduit avec brio: Arthur Penn expose méthodiquement les données du problème puis fait monter la tension de minutes en minutes. L'atmosphère s'électrise à tel point que la violence contenue ne peut plus qu'exploser. On admire la manière extrêmement habile par laquelle il fait se développer l'action en plusieurs lieux à la fois (on pense aux trois "soirées" simultanées), ce qui a pour effet d'accentuer la solitude et la vulnérabilité du shériff Colder et de Bobby Reeves. "La poursuite impitoyable" est un film sur la justice, la force et l'autorité. C'était déjà le problème du western que de savoir comment instaurer et faire régner la loi et d'interroger la difficile limite qui, dépassée, fait du justicier un vengeur. Comme souvent dans le cinéma américain ressurgit le spectre du lynchage. Devant une foule à la bêtise infâme, pas un instant nous n'hésitons: notre coeur est tout entier au shérif Colder, magnifique incarnation de la justice au cinéma. Marlon Brando campe ce personnage d'incorruptible avec toute le charisme, la justesse et le génie qui caractérisent ce géant d'acteur. Quant à Bobby Reeves, il est interprété par un grand Robert Redford, formant un ex-couple parfait avec Jane Fonda, magnifique. Leurs performances impressionantes touchent le spectateur au coeur et rendent attachants ces trois personnages luttant de toutes leur force contre la folie des hommes, mais qui ne pourront échapper au drame, inéluctable.

      Dans la scène du passage à tabac de Marlon Brando, pour exacerber sa violence, le metteur en scène a demandé aux acteurs de donner des coups de poing au ralenti : leur impact étant nul, les coups n'ont donc pas blessé l'acteur. La scène a été ensuite passée en vitesse normale ce qui rend les coups donnés plus impressionants et suggère une brutalité plus indicible encore. Point de non-retour, cette scène dégage un sentiment de révolte qui n'a d'égale que la folie collective qui s'empare de cette ville et de ses habitants. En effet, la population laisse libre cours à ses pulsions les plus obscures tout au long de cette soirée infernale, véritable patchwork de vices innomables (racisme, alcoolisme, violence, voyeurisme, haine).

      "La poursuite impitoyable" est un des meilleurs films de son époque, et demeure un classique indémodable, porté par un casting exceptionnel. Un film d'action et de suspense passionnant, et intelligent à tout point de vue.

    2. Paranoiak

      Publié le 02 Sept 2007 à  16:52

      Kale, 17 ans, habite une de ces banlieues paradisiaques où il ne se passe jamais rien, jusqu'au jour où... Seul chez lui, maître de son temps, ses journées se passent à surfer sur le web, à regarder la télé, à jouer sur sa console, à se gaver de pizzas, à reluquer en douce la fille canon qui vient d'emménager dans la maison voisine.
      Mais Kale n'a pas le droit de sortir de chez lui. Placé sous contrôle judiciaire à la suite d'une altercation avec un professeur, il doit purger sa peine à domicile. Son seul exutoire : épier ses voisins à la jumelle. Et Kale, jamais à court d'imagination, prend à ce petit jeu un plaisir considérable. Mais le jeu prend soudain une tournure inquiétante, lorsqu'il découvre qu'un de leurs voisins, l'énigmatique Mr. Turner, pourrait bien être... un tueur en série...

      A l'issue de la séance, une question se pose : est ce parce que c'est l'été qu'il ne faut pas être exigeant ?

      "Paranoïak" débute pourtant relativement bien. La surprise est bonne et on se dit alors que D.J Caruso est en forme, un peu comme avec son sympathique "Salton Sea" avec Val Kilmer. Pourtant, sa mise en scène devient balourde au fur et à mesure que le film avance.Les vingt cinq premières minutes sont intéressantes et l'intrigue se positionne en suivant une mécanique implacable. Puis soudain, tout bascule. Les répliques vanneuses, l'ambiance embarquent le film dans une mauvaise direction, dans une vrille ramenant ce démarrage en trombe dans le bon vieux teenage movie supposé sympathique et divertissant mais complètement dénué de surprise et d'innovation. Le suspens en prend un coup. Ce qui avait commencé par un drame psychologique intéressant (la partie d'échec entre le méchant et le bon promettait le meilleur via un joli trauma) devient une série B sans réelle consistance. La psychologie de paranoïaque devient totalement inexploitée et au final les enjeux n'emballent pas réellement. Les rebondissements sont minimes et ne surprennent pas le moins du monde tellement les séquences ont été vues et revues des centaines de fois.

      Alors on se dit que le casting doit certainement porter le film à bout de bras pour que ce "Paranoiak" ait autant de succès. Le premier rôle est attribué à Shia La Beouf, qui, s'en époustoufler, incarne sobrement le jeune Kale. La vedette de "Transformers" et future fils d'Indiana Jones est la nouvelle coqueluche d'Hollywood, mais force est de constater que tout reste à prouver en ce qui le concerne. Quant à David Morse, il fait le minimum syndical, d'autant plus le manque de suspens nuit fortement à son personnage. Je ne ferai pas l'affront de détailler les performances des autres rôles secondaires, tant la prestation des acteurs est anecdotique (surtout Sarah Roemer, dont la performance repose sur la qualité des maillots de bain), pour souligner le plaisir de revoir la trop rare Carrie Ann Moss, malgré un rôle sous exploité et un temps de présence à l'écran assez réduit. C'est d'autant plus dommageable que cet écueil évacue toute idée de message sur la relation conflictuelle entre parents, tant les scènes entre Kale et sa mère sont écourtées ....

      Finalement, il faut se rendre à l'évidence : cette nouvelle version de "Fenêtre sur cour" est surtout destinée aux ados, et rien qu'à eux. Les autres suivront ce film sans jubiler, en se disant à la fin que tout ça ne casse pas des briques, et que la rumeur flatteuse qui nous est parvenue d'outre-Atlantique transforme ce film en pétard mouillé. Vivement la rentrée !

    3. Prémonitions

      Publié le 02 Sept 2007 à  12:11

      Une jeune femme apprend le décès de son mari lors d'un accident. Néanmoins, le lendemain à son réveil, elle constate que son époux est bel et bien vivant à son côté.
      Rêves, hallucinations, cet angoissant cauchemar se répète et perturbe profondément sa vie et son avenir...

      "Prémonitions" est l'occasion pour Sandra Bullock de plonger dans un univers fantastique hérité de M. Night Shyamalan, et propose une histoire basée sur le phénomène des rêves prémonitoires.
      Cependant, là où le génie de Philadelphie impressionne par l'évidente cohérence de ses scenarii à rebondissements, le film de Mennan Yapo se perd un peu dans cette folle histoire de pressentiments, malgré une volonté évidente de maintenir un certain équilibre, sauvé par une mise en scène sobre mais efficace. Pourtant, le scénario est intéressant, original, et suffisamment tordu pour retenir l'attention. Mais comment s'y retrouver au sein de toutes ces séquences répétitives qui peu à peu, malgré tout, amènent quand même le spectateur à une notion plus claire de cette vie de couple où se dévoile une certaine réalité.

      Mais cette notion de temps en vrac, et cette prétention d'agir sur le destin ne sont pas assez clairement exposées au gré de séquences dont on attend fébrilement le fin mot, perdu que nous sommes dans ces images aux effets classiques parsemées de gros plans destinés à glorifier le talent de l'actrice principale . Et heureusement, elle en a du talent, Sandra Bullock sur qui repose tout le film. Emouvante ou énervée, on le saurait à moins, elle en subit bien des misères et donne ainsi une densité à cette oeuvre perturbante et désordonnée. Cela faisait bien longtemps qu'on n'avait pas vu l'actrice en si grande forme, et ça fait plaisir à voir. Ainsi, grâce à une Sandra Bullock très convaincante et à une intrigue à l' équilibre certes précaire mais suffisament retors, le spectateur se surprend malgré tout à apprécier cette histoire d'une mère luttant contre la fatalité.

      "Prémonitions" ne restera pas dans les annales du genre, loin s'en faut. Il n'en demeure pas moins une honnête production fantastique, et un bon véhicule pour sa star renaissante.

    4. La Maison des 1000 morts

      Publié le 01 Sept 2007 à  21:19

      Deux jeunes couples, qui veulent écrire un guide du routard des itinéraires bis de l'Amérique, se lancent à la recherche du docteur Satan, légende locale morbide. Surpris par un orage, ils trouvent refuge dans la mystérieuse demeure d'une non moins mystérieuse auto-stoppeuse, où réside une famille fidèle au cannibalisme et aux rites sataniques : les Firefly.

      N'en déplaise à Eli Roth, si Quentin Tarantino avait réalisé un film d'horreur, on peut être sûr qu'il serait en tout point proche de celui-ci. Car ce qui compose ce film est avant tout un incroyable amour du film de genre. Entre la bouffonerie et le sanguinolent, ce train fantôme visuel nous fait traverser l'esprit décérébré de son auteur, esprit nourri aux clowns torturés, à la cervelle frémissante et aux gènes mal formés. Du "Massacre à la tronçonneuse" de Tobe Hooper à "La Colline a des yeux"de Wes Craven, de Lucio Fulci à Mario Bava, de "Tueurs nés" à "Maniac", nombreuses sont les références, influences et citations qui jalonnent le film. Maiss comme chez le réalisateur de "Pulp fiction", tout y est digéré et finalement recraché avec presque autant de génie, comme lors de cette scène d'ouverture inspirée de celle de "Une nuit en enfer".
      Rob Zombie livre un véritable capharnäum de l'horreur. Monstres de foire, famille bâtarde, expériences corporelles, délire visuel cérébral, mélange de couleurs vives et souvent saturées, musique organique teintée d'électronique, galerie de gueules et jeu outrancier font partie intégrante de l'univers de son auteur, et se retrouvent imprimés sur le celluloïd comme LA nouvelle référence du genre "grand guignol".

      Et pourtant le film n'est pas exempt de tout défaut. À trop vouloir bien faire, certains passages semblent se mélanger les pinceaux et la mise en scène ainsi que le montage en pâtissent parfois légèrement, notamment lors de la dernière partie, sommet de terreur. La faute au trop plein de fougue du réalisateur, trop désireux de pouvoir enfin étaler ses délires sur un format long. Car les effets polarisants ou négatifs sont incessamment utilisés. Même les personnages sont un peu fins de caractère car l'on se perd vite entre les deux protagonistes féminines. On sait bien que ce qui intéresse le plus l'ami Rob, ce sont les personnages secondaires, ceux dont il est venu raconter l'histoire, mais un traitement moins approximatif aurait peut-être permis de donner plus d'ampleur au film.

      Et pourtant, malgré tous ces (petits) défauts, le film fonctionne pour ce qu'il est : l'étalage sur grand écran des délires tout droit sortis d'un esprit fantasque où l'horreur juxtapose la facétie. Ce délire visuel jouissif a d'ores et déjà une suite, "The devil's rejects" au traitement plus adulte et plus abouti. Quoiqu'il en soit, la "maison des 1000 morts" nous permet d'assister à l'émergence d'un nouveau talent du cinéma de genre, dont il y a fort à parier que sa relecture de "Halloween" sera loin d'être consensuelle !

    5. The Devil's Rejects

      Publié le 01 Sept 2007 à  18:17

      Depuis la mort de son frère, le shérif Wydell ne vit plus que pour se venger de l'épouvantable famille Firefly. Un beau matin, décidé à les éliminer sans pitié et au mépris de la loi, il encercle leur maison avec ses hommes. Seul Otis et sa sœur Baby parviennent à s'échapper. Ils se réfugient dans un motel perdu loin de tout, attendant de retrouver leur père, Caztain Spaulding, et tuent sans hésiter quiconque se dresse sur leur chemin. Aucun des deux camps n'arrêtera avant que l'issue ne soit définitive et absolue.

      The Devil's Reject est une vraie fausse suite de La Maison Des 1000 Morts qui macule nos écrans à grands renforts d'ultra violence, de sadisme et d'une bonne dose d'humour noire... Imparable !
      Leader emblématique des White Zombie dont il réalise les clips, Rob Zombie signe un coup de maître, à l'instar de Tarantino et de "Pulp Fiction", avec son second long-métrage. Bien que la comparaison puisse prêter à discussion, les deux hommes partagent un amour immodéré pour le cinéma de genre, ainsi qu'une approche très cohérente du 7ème Art. De la BOF, véritable moteur d'une narration jouant sur les changements de tempo, aux dialogues réussis, en passant par un vibrant hommage aux grandes figures du genre, l'univers de Zombie repose sur un équilibre inébranlable.

      Sans se fourvoyer dans un jeu référentiel obligé, il s'appuie aussi bien sur le cinéma de Sergio Leone (le casting est un défilé de "gueules", avec Sid Haig, William Forsythe, Michael Berryman, Danny Trejo) que celui de Tobe Hooper et Wes Craven (ceux des 70's), pour en tirer le meilleur parti. Adoptant le juste point de vue, ainsi qu'une caractérisation intelligente de ses personnages, le réalisateur parvient même à susciter chez le spectateur une certaine empathie pour cette bande de psychopathes de la pire espèce. Caméra à l'épaule, il dresse un portrait familial qui rentre dans le lard, refusant toute idée de manichéisme. Tirant l'humain de l'inhumain (et vice versa), il frappe droit au cœur dans une charge héroïque dantesque, aussi foudroyante que rock'n roll.

      Le film peut être considéré comme une suite en ce sens que scénaristiquement parlant, l'intrigue est postérieure à celle de "la maison aux 1000 morts", mais en ce qui concerne le traitement, il est tout autre. En effet, aux antipodes de l'horreur grandguignolesque et des délires psychédéliques du premier film, "The devil's rejects" descend directement d'un certain type de cinéma des années 70. On y retrouve alors cet aspect amoral, poisseux, gore, mais diablement drôle, qui nous rappelle des fleurons du genre tels que "Massacre à la tronçonneuse" ou autres "la colline a des yeux". Il fait alors renaître ce cinéma coup de poing horrifique" sans concessions, âpre et glauque qui avait fini par disparaître sous les attaques incessantes d'une censure castratrice, et qui détonne par rapport à toutes ces productions calibrées pour ados en mal de sensations.

      The Devil's Rejects"est une incontournable et monstrueuse parade comme on n'en voit plus depuis bien longtemps. Ce film donne ainsi bien plus de crédit au genre que les nouveaux remakes au montage et à l'esthétique clippesque. Un film culte et salvateur.