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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Fur : Un portrait imaginaire de Diane Arbus

      Publié le 19 Janv 2007 à  15:53

      Shainberg aime les femmes en devenir, celles qui se cherchent et aussi se laisse perdre pieds. Dans la secrétaire il dressait le portrait d'une jeune femme pratiquant l'automutilation et qui trouvait sa délivrance grâce à une relation dominant/dominé avec son nouveau patron. C'était frais, drôle et touchant.

      Pour Fur, le réalisateur délaisse la comédie pour se centrer en plein drame. Que les amoureux de Diane Arbus ne s'y trompent pas : Fur n'est pas un biopic comme on en voit chaque année aux Etats-Unis. Il s'agit d'un portrait imaginaire, une histoire pouvant montrer des facettes de la photographe et si possible son éveil à l'art de la photographie.

      Cet éveil va naitre d'une relation pleine de mystères avec un homme totalement poilu interprété avec retenue et talent par Robert Downey junior. Il va initier Diane à un monde qu'elle ne connait pas mais qui l'a toujours attiré : celui des marginaux, des anormaux. Nicole Kidman campe avec grâce et style cette femme fascinée et à la découverte d'elle même , passant d'un état à l'autre, de femme au foyer douce et obeisssante à photographe curieuse et audacieuse. Certains lui reprocheront son interprétation hollywoodienne et son côté peut être trop sophistiquée pour interpréter la photographe. Toujours est-il que Kidman semble se donner à fond et aide le spectateur à comprendre et même partager sa passion pour ces gens différents mais passionants. Si l'on veut faire des références , on n'oubliera ni Elephant Man ni Freaks la monstrueuse parade sauf qu'ici il y a une vraie tension sexuelle, un fétichisme prononcé pour les poils.
      On s'amuse de voir Shainberg faire des gros plans sur des bras poilus, on sent le désir.

      Ce qui est si bon dans son cinéma c'est qu'il parvient à livrer des oeuvres très hollywoodiennes, presque formatées mais qui possèdent en même temps une vraie personnalité et des thèmes rarement abordés. Audacieux et grand public, Fur est un très bon film pour débuter 2007.

    2. L'Illusionniste

      Publié le 19 Janv 2007 à  10:15

      Christopher Nolan avait livré avec le Prestige un film fascinant sur la magie avec un casting de premier choix. The Illusionist est-il du même niveau ? Dès les premières images on comprend que non. La reconstitution d'époque n'est pas trop mal faite, elle est même plutôt jolie mais les effets spéciaux déployés pour montrer de la magie n'ont rien d'exceptionnels voire sont complètement sommaires.

      Du côté de l'intrigue il ne faut pas s'attendre à grand chose. Tout est prévisible de bout en bout et à la fin comme pour se rattraper , Neil Burger le réalisateur, nous balance un twist aussi ridicule qu'incohérent qui finit d'achever son film.

      The Illusionist n'est pourtant pas un film insupportable, il se regarde bien et est plutôt bien joué . Mais un tel manque d'originalité et d'audace fait peur...

    3. Silentium !

      Publié le 19 Janv 2007 à  10:04

      Le beau fils du patron de l'Opéra de Salzbourg a été retrouvé mort. Suicide ou assassinat ? Le spectateur découvre dès le début que la première option est la bonne. Mais dans le monde de Silentium où tout le monde cède à la corruption , les choses ne paraissent pas aussi évidentes. La femme du défunt engage un détective pour mener l'enquête. Un détective qu'elle a rencontré dans un supermarché alors qu'elle volait des sous vêtements. Non, ce n'est pas une blague et ce n'est que le début d'un récit tirant sur l'absurde pour critiquer la société avec humour.

      Le détective de Silentium est un pauvre type, un loser, habillé comme un clochard. Peu minutieux, il passe son temps à boire de la bière et à fantasmer sur une pharamacienne. S'il trouve des éléments pour faire avancer son affaire, ce sera toujours par un heureux hasard.

      Ce que l'on retient de Silentium ce sont des personnages drôles et attachants, des références sympathiques et décalées au cinéma mais aussi , malheureusement, quelques problèmes de rythme gênants. A signaler également une intrigue un peu trop fourre tout qui rend l'ensemble un peu brouillon. Silentium reste tout de même un agréable moment de polar.

    4. A tout de suite

      Publié le 12 Janv 2007 à  16:34

      Paris, années 70 . Une jeune fille vit sa vie sans passion entre ses cours de dessin et son oisiveté dans l' appartement de ses parents dans le 16e.

      Et puis un jour elle le croise. Lui,celui qui va changer toute sa vie. Coup de foudre. Il n'est pas du genre à parler beaucoup, au contraire il esr plutôt de ceux qui font des mystères. Il travaille dans l'immbilier,dit-il. Elle le croit, elle ne lui demande rien, elle couche avec lui. Elle attend. Puis un soir il appelle. Il a fait un braquage qui a mal tourné, il lui dit qu'il arrive chez elle , tout de suite.

      Il va partir, elle veut le suivre. Ainsi commence une cavale très sentimentale entre Paris, l'Espagne, le Maroc et l'Italie. De cette histoire Benoit Jacquot tire un journal intime tourné en DV. En noir et blanc. Cela permet au spectateur de ressentir chaque plan, de frémir à chaque son de rue, d'avoir la sensation de sentir les odeurs des rues, la tension des situations. Rien n'est lourd dans ce film, rien n'est en trop, tout est beau , vrai. Pudeur et subtilité règne sur le portrait d'une adolescente introvertie et perdue qui perd tout ce qu'elle a, qui ne sait plus ce qu'elle est, qui n'a même plus l'impression d'être quand les choses dérapent.

      Nous sommes devant un film riche où tout est suggéré, rien trop appuyé, où une partie à 3 est magnifiée, où le talent d'Isild le Besco explose. D'une justesse à couper le souffle, l'actrice est habitée. Elle nous communique le vide qu'elle ressent, on écoute son récit avec interet. La musique nous entraine, le suspense est là, la maitrise de la caméra est indéniable.

      A tout de suite est aussi un film de rêve et de fantasmes qui s'attendent, qui s'espèrent ou prennent forme sous forme de dessins.

      Que ceux qui pensent que le cinéma français est mort découvrent d'urgence ce chef d'oeuvre sensuel et passsionant. Un film qui prend aux trippes.

    5. Hollywoodland

      Publié le 12 Janv 2007 à  15:56

      Hollywood , monde cruel. Allen Coulter se prête à son tour à une petite destruction du mythe hollywoodien avec la sombre affaire de l'interprète de Superman à la télévision.

      Un Superman frustré , triste et qui rêve de devenir une vraie star de cinéma. Malheureusement il finira par se suicider. A moins d'avoir été assassiné. Et c'est le charismatique Adrien Brody qui mène l'enquête avec ses mimiques irremplacables et sa voix cassée. L'acteur livre une honnête performance même s'il a parfois tendance à en faire trop.
      On en dira autant de Ben Affleck, surprenant en apprenti acteur malchanceux (rôle de composition?).

      La photographie est classe, on est dans l'ambiance avec toutes ces pestes et ces mystères et les quelques problèmes de rythme ne sont pas trop fâcheux. La fin du film l'est davantage. "Tout ça pour ça ?" a-t-on en effet envie de dire pour une conclusion en queue de poisson qui en laissera plus d'un sur sa faim.