A noter

Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Les Arnaqueurs

      Publié le 05 Mai 2007 à  6:46

      "Les Arnaqueurs" (The Grifters - 1990) de Stephen Frears

      Sur un scénario de Donald Westlake, adapté d'un roman de Jim Thompson, produit par Martin Scorsese : voici trois piliers du roman et cinéma policiers américains au générique de l'un des meilleurs films noirs modernes... réalisé par un anglais de souche !

      La grande classe du trio d'acteurs principaux (Anjelica Huston / Lilly, Annette Bening / Myra, John Cusack / Roy), le respect presque fétichiste des archétypes Hollywoodiens (scénario, mise en scène et personnages rendent un hommage particulièrement réjouissant à l'âge d'or du cinéma noir américain) et les nombreuses répliques qui font mouche lui donnent un statut de véritable bijou du cinéma de genre, tout à la fois une sorte de "remake qui n'en est pas vraiment un" très balisé et exercice de style personnel et réussi.

      Démarrant comme une comédie sur fond d'arnaques, le film prend le temps d'approfondir les relations quasi sado-masochistes qui relient les différents personnages pour aboutir au drame psychologique presque sordide dans un final à la violence très poussée.
      Ce changement de ton (avec lequel on ressent bien l'influence de Scorsese qui avait de son côté utilisé le même mélange de genre avec son sublime "Casino") ne nuit pas au film mais déboussolera le spectateur qui s'attendait à un film léger et anodin.

      Nous avons affaire assurément au meilleur de la filmographie de Frears qui, avec sa version des "Liaisons dangereuses", révèle un intérêt très poussé pour les comportements pervers et finalement forment une belle galerie de perdants qui croyaient gagner aux dépens d'autrui.

    2. Chez les Heureux du Monde

      Publié le 28 Avr 2007 à  3:30

      Superbe film, adapté d'un roman d'Edith Warton, complètement passé inaperçu malgré la présence de l'actrice Gillian Anderson (X-files) dans un rôle magistral de jeune femme nantie du début du XXe siècle qui sera anéantie par régles de sa caste.

      Située dans la haute société New-Yorkaise du début du siècle dernier où, malgré les bonnes manières et le beau parler, toute personne qui n'entrait pas dans le moule était tout simplement éliminée, l'histoire nous fera vivre la torture morale que font subir les personnages de cette caste à Lily Bart, trop belle et trop honnête pour survivre dans ce monde nanti et impitoyable.

      La superbe réalisation de Terence Davies rappelle aux plus étourdis d'entre nous ce qu'est le cinéma, et porte de la meilleure façon qu'on puisse rêver le livre de Wharton à l'écran.

      Un excellent film, à tous points de vue, malgré un début un peu lent (mais calculé et passionnant). La dernière partie du film collera les spectateurs à leur fauteuil. On ne regarde plus Lily Bart, on vit et on souffre avec elle.
      Remarquable !!!

    3. Notre pain quotidien

      Publié le 19 Avr 2007 à  1:36

      Courrez voir ce documentaire incroyablement fascinant !
      J'y suis allé sans trop y croire... et j'en suis ressorti l'esprit plein d'images à l'esthétisme glaçant (la beauté esthétique mise en valeur par la réalisation est surprenante).

      Il y a plus de cinéma dans cet exercice de style apparemment arride (pas de commentaire, plans fixes et longs travellings sans fioriture, aucune musique...) que dans bien des films de fiction se voulant oeuvres cinématographiques (n'est-ce pas Monsieur Lynch ?).
      D'ailleurs la culture artistique du réalisateur (combinée à celle du spectateur) fait surgir au détour de bien des séquences les fantômes de quelques-uns des plus grands cinéastes :
      Hitchcock (l'avion survolant le champ de tournesol rappelle celui de "La mort aux trousses"), Kubrick (les plans de la descente en ascenseur et ceux souterrains dans la mine de sel font diablement penser à "2001"), Hooper (les abattoirs modernes et leurs techniques "propres" prennent le contre-pied de l'atmosphère du génial "Massacre à la tronçonneuse"), Fleischer, Chaplin (le machinisme déshumanisé et la robotique utilisés par la culture agricole semblent sortis d'un "Soleil vert" ou "Les temps modernes"), ...

      Un film indispensable... pas seulement pour son message alarmant sur le devenir de notre civilisation humaine.
      9/10

    4. La Tête de Maman

      Publié le 02 Avr 2007 à  18:07

      "La tête de maman" de Corine Tardieu

      Sur un scénario bâtit autour de la performance dépressive de Karine Viard, de Kad Merad (qui essaie vainement d'atteindre la reconnaissance en cumulant les rôles sans surprise) et de la jeune comédienne tête à claques qui incarne sa fille (presque de tous les plans), le film piétine à trop vouloir montrer et expliquer ce qu'il y a dans "La tête de maman" (on connaît tous cela : rêves d'enfant abandonnés, désillusion sur le tout est possible, amours adolescents évanouis, conflits entre les parents et les enfants, ...).

      On échappe à la catastrophe de peu, grâce au soin de la mise en scène parfois inventive, mais franchement mieux vaut voir ou revoir le formidable "Toto le héros" de Jaco Van Dormael, dans lequel le talent de Michel Bouquet faisait merveille.

      Le pire c'est que la réalisatrice est persuadée d'avoir fait un joli film !

    5. Golden Door

      Publié le 02 Avr 2007 à  18:04

      Ce film est tout simplement un chef-d'oeuvre du nouveau cinéma italien, dans la grande tradition de Comencini et des frères Taviani.
      Un merveille comme en voit peu au cinéma (après le génial "La vie des autres", le cinéma européen a fière allure).

      Je défie quiconque de lâcher ce film après en avoir vu le début : où l'on suit la progression le long d'une montagne escarpée de deux hommes nu-pieds, une pierre dans la bouche, montrée en parallèle avec la visite chez une vieille femme pratiquant la sorcellerie, de deux jeunes femmes, dont une se dit possédée par un démon incarné par un serpent lové dans son ventre.
      Cette exposition, à la liberté onirique envoûtante, laisse imaginer l'extraordinaire talent avec lequel sera racontée l'émigration d'une poignée de siciliens de toutes générations vers le Nouveau Monde.
      Et l'on découvrira que le petit groupe de personnages attachants, réunis autour de Fortunata, la mère, sont reliés par une émouvante et éternelle recherche de l'essentiel : le rêve d'un ailleurs où la vie sera meilleure.

      Rares sont les films dont la réalisation, magistralement composée par une constante succession de séquences et de plans étonnants de maîtrise (celui notamment qui montre en plongée la foule debout sur le pont du navire s'éloignant du quai est d'une incroyable beauté formelle) laisse filtrer autant d'émotion.

      A placer tout près du magnifique "America, America" d'Elia Kazan.