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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Le Prestige

      Publié le 16 Janv 2007 à  15:39

      Christopher Nolan connaît bien la conception du film-puzzle puisqu'il l'avait déjà utilisé dans MEMENTO et un peu dans BATMAN BEGINS. Ici, le film commence vers la fin et retranscrit le passé petit à petit. Cependant ce procédé est plus un effet de style qu'un effet servant réellement le film. En tout cas, il ne nuit pas. Dès les premières images, la magie opère et Nolan réussit à nous immerger dans un univers peu familier au cinéma.
      Au fait, de quoi parle-t-il ce film ? D'une rivalité entre deux hommes, d'abord professionnelle, et puis un peu sentimentale aussi. Ca parle d'illusion et de magie, qui elles-même parlent de vie et de mort. Une pléthore de thèmes et autant de niveaux de lecture. Comme pour BATMAN BEGINS, l'amitié se transforme en rivalité puis en combat de titans ; les deux hommes pratiquent la magie, chacun étant le meilleur dans un domaine, et vont s'affronter jusqu'a ce que la situation devienne inextricable. Cette fois Christian Bale n'affronte pas le maître qui lui a tout appris, mais celui avec qui il a appris. Ce qui est intéressant dans cette rivalité, c'est que chaque personnage a de bonnes raisons et personne, à la base, n'est mauvais ou bon. Ce sont juste deux hommes pris dans une spirale. La vérité de cet acte, comme celui de la magie, c'est que tout est histoire d'apparence.
      Au final, Christopher Nolan maîtrise parfaitement sa mise en scène, son histoire et son casting. Christian Bale confirme son talent. Hugh Jackman laisse ses griffes au placard et nous surprend en apportant de l'émotion à son jeu. Michael Caine prouve encore qu'il est un grand acteur.
      LE PRESTIGE fait partie de ces films originaux, trop rares au cinéma.

    2. Astérix et les vikings

      Publié le 16 Janv 2007 à  15:37

      Le film est basé sur Astérix et les Normands, le neuvième album des aventures du petit Gaulois. On retrouve donc un scénario qui s'inspire grandement de celui créé à l'époque par René Goscinny. L'histoire de ces Vikings qui veulent avoir peur pour réussir à voler est tout simplement géniale. On retrouve dans ASTERIX ET LES VIKINGS tous les éléments qui font le succès de la saga : batailles entre Gaulois à grands coups de poissons pas frais, baffes aux Romains… L'humour est donc très présent. Les personnages habituels que l'on retrouve à chaque aventure sont toujours aussi attachants.
      Cependant, il y a certains écarts par rapport à la bande-dessinée originale qui auraient dû être évité. Les scénaristes ont eu le mauvais goût d'ajouter quelques anachronismes comme le personnage de SMS, la musique rap, … De plus, des éléments nouveaux par rapport à l'album ont été introduits (une histoire d'amour, la fille du chef viking). A cause de ces ajouts, la narration manque de rythme et quelques longueurs se font ressentir.
      Par contre, la réalisation, les décors et l'animation sont vraiment réussis (en particulier les attitudes et les mouvements très expressifs des personnages). Les comédiens interprètent admirablement leur rôle, avec une mention spéciale pour Roger Carel, toujours aussi excellent dans le rôle d'Astérix. Et c'est toujours un plaisir d'entendre Pierre Tchernia comme narrateur.
      ASTERIX ET LES VIKINGS n'est pas aussi bon que les premiers films mais reste quand même un divertissement de qualité.

    3. Rocky

      Publié le 19 Déc 2006 à  17:19

      Il y a des personnages qui collent tellement à la peau de leur acteur qu'ils en sont devenus indissociables. Indiana Jones, John McClane, Mad Max, ont permis, respectivement, à Harrison Ford, Bruce Willis, Mel Gibson d'accéder au succès (Et ce n'est pas pour rien si ces derniers reviennent à ces personnages pour tenter de redonner un second souffle à leur carrière en perte de vitesse pour certains).

      ROCKY est beaucoup plus pour Sylvester Stallone puisque c'est Stallone lui-même qui a créé le personnage, écrit le scénario et interprété le rôle. Jamais dans un autre film, Stallone n'aura su trouver un parfait équilibre entre puissance physique et émotion. Et c'est ce qui fait toute la force du film.
      La boxe est ici juste un prétexte pour traduire en images ce qu'est le rêve américain. Le point de départ du scénario est d'ailleurs improbable : le champion en titre, Apollo Creed, propose de mettre sa ceinture en jeu devant un boxeur de seconde zone. Tout au long du film, on suit comment Rocky va passer de « petite frappe » à un « outsider » convaincant à force de courage et de soutiens alors que de l'autre côté, Apollo Creed, sous-estime son adversaire et préfère s'entraîner devant les journalistes. Une scène très forte illustre tout l'enjeu du film : Rocky s'entraîne dans un abattoir avec une pièce de viande en guise de sac de frappe. En parallèle, Apollo saute à la corde dans un appartement chic sur fond de musique classique (ce schéma de comparaison sera d'ailleurs un élément essentiel de la saga).

      ROCKY est aussi un film qui a une odeur : la sueur, la crasse, les larmes, la douleur suintent à l'écran. C'est aussi un film très sombre, plein de mélancolie. Les décors (la salle de boxe poisseuse, la chambre de Rocky, les rues de Philadelphie de nuit et ses habitants) y sont pour beaucoup dans la création de ce climat.

      Ceux qui voient en ROCKY un film d'action seront malheureusement déçus. Car de l'action, il y en a peu. La réalisation est très lente et une grande partie est accordée à la rencontre entre le boxeur et sa future femme Adrian. Ce n'est que vers le dernier quart du film que ROCKY se met sérieusement à l'entraînement avant le combat final. Un combat à l'issu osé d'un point de vue du scénario puisque le vainqueur n'est pas Rocky mais Apollo.
      Cependant, le spectateur sait que Rocky a gagné sur bien d'autres plans. Tout comme Sylvester Stallone qui n'a pas remporté l'Oscar du meilleur rôle ou du meilleur scénario mais qui a trouvé en ROCKY un sacré tremplin.

    4. Babel

      Publié le 28 Nov 2006 à  17:53

      Après 21 GRAMMES, Alejandro Gonzalez Inarritu nous refait le coup du puzzle narratif et toujours sur un scénario de Guillermo Arriaga. Une nouvelle fois, il nous raconte des histoires différentes (pas trois mais quatre), que des liens vont finir par relier, et nous invite à suivre dans leurs périples une multitude de personnages. Du réchauffé ? Non.
      Le projet, très ambitieux, tant au niveau de la production, avec des tournages au Maroc, au Mexique et à Tokyo, que du casting, l'est aussi dans la réalisation. L'exercice est réalisé avec maestria, notamment grâce à une parfaite maîtrise du montage. Les récits ont la même intensité, la même charge émotionnelle, et le cinéaste réussit la performance de mettre sur un pied d'égalité les stars et des acteurs non professionnels. Malgré la densité narrative et le nombre de personnages, chacun d'eux arrive à exister. Sur un rythme tantôt intime, tantôt frénétique, le réalisateur adapte avec talent sa mise en scène au récit.
      BABEL se distingue également par la richesse de ses thèmes. A l'incommunicabilité soulignée par le titre, s'ajoutent des réflexions sous-jacentes, comme la solitude de l'enfance, les préjugés culturels voire raciaux, le pouvoir de l'argent ou la manipulation de l'information.
      Pas de changement par rapport au précédent film dans la narration, 21 GRAMMES, mais une excellente histoire qui fait réfléchir.

    5. Casino Royale

      Publié le 28 Nov 2006 à  17:51

      James Bond est-il mort ? Après la succession des derniers films, on aurait pu le croire. Mais avec CASINO ROYALE, il renaît. Ou plutôt, il naît puisque le film est l'adaptation du premier roman de Fleming, donc de la première aventure de Bond.

      Pendant la première partie du film, le scénario s'amuse à embrouiller les pistes.
      Pas d'ouverture à la « Bond » comme d'habitude où l'on voit la silhouette de l'agent à travers le canon d'un pistolet. Heureusement, il viendra avant le générique (minimaliste à l'ancienne tant au niveau de la réalisation que de la chanson), parce que ce n'est qu'à ce moment que James Bond devient un agent double zéro. Ce film se veut donc une préquelle à la vingtaine d'épisodes déjà réalisés. Très déroutant de prime abord mais plutôt malin en fait.
      Le but du film est aussi de dépoussiérer la franchise, de la moderniser. C'est visible dès la première séquence d'action. Cependant, on a un arrière-goût de M:I:3 et le style 007 n'est pas encore visible.
      Les éléments caractéristiques de Bond se mettent en place progressivement pendant le film : l'Aston Martin, le pistolet avec son silencieux, le smoking, le cocktail vodka-martini, sa première rencontre avec Félix Leiter, et surtout la fameuse réplique.

      Même si au départ, le choix de Daniel Craig (vu dans MUNICH mais surtout dans l'excellent LAYER CAKE) pouvait sembler douteux, il faut avouer qu'il remplit parfaitement sa mission. Il possède un humour subtil à la Sean Connery, un corps athlétique plus proche de Georges Lazenby et une tête de boxeur qui n'a rien à voir avec les traits réguliers de Roger Moore, Timothy Dalton ou Pierce Brosnan. Le nouveau 007 est très dur et il saigne beaucoup. C'est aussi une volonté de rendre le personnage plus crédible, plus réel à l'heure où même la télévision n'hésite pas à malmener ses héros.
      L'adversaire, joué par Mads Mikkelsen(PUSHER), est bon mais pas suffisamment exploité. La longue partie de poker (1/4 du film) est un grand moment entre les deux ennemis mais la scène de torture montre les capacités du type sans aller plus loin. Dommage.

      Au final, CASINO ROYALE est un formidable retour aux origines du mythe Bond. Et surtout, il redonne envie quant à la suite des aventures de 007.