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Mes Critiques de Films

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    1. Voyage à deux

      Publié le 16 Mars 2007 à  18:12

      Si voyage à deux ressemble par certains aspects à un exercice de style, il ne s'en révèle pas moins un concentré d'émotions digne des plus belles réussites de la comédie romantique. Passé l'introduction et la mise en place d'une euristique quelque peu inhabituelle, ou qui du moins heurte notre vision conventionnelle du montage, nous nous laissons volontiers manipuler par cette histoire de chassés croisés et de revirements amoureux.

      Mais cette grammaire cinématographique qui n'hésite pas à mélanger, et même à fusionner des épisodes provenant de diverses époques de la vie d'un couple, comme saisi au vol lors de voyages différents, finit par dessiner une sorte de d'opéra des relations conjugales, mêlant sans complexe fantaisie et lyrisme.

      Il faut dire que le réalisateur ne pouvait pas mieux choisir son interprète principale pour ce film sur l'évolution de l'amour dans un couple. Audrey Hepburn est d'une fraîcheur et d'une justesse incroyable, évitant à tout moment les écueils du mélo qui ne manquent pas de jalonner cette histoire. Son humour naturel dédramatise n'importe quelle situation, et son charme finit toujours par nous convaincre.

      C'est donc sans remord aucun que nous nous passionnons pour cette histoire de couple simple mais originale et pleine de vérités. Remerciant Stanley Donen d'avoir choisit ce sujet pour nous délivrer l'un de ses plus beaux films.

    2. Samaria

      Publié le 08 Mars 2007 à  12:57

      Pour ceux qui comme moi ont découvert Kim Ki-Duk avec l'Ile ou Printemps, été..., Samaria est une véritable promesse. Tous les thèmes chers à l'auteur sont en effet présents dans cette oeuvre. La douleur de vivre, L'auto punition, la tentation de la violence, la rédemption par l'amour. Et ces thèmes sont cette fois développés sur un véritable sujet de société qui ne peut que nous toucher, puisqu'il s'agit de la protistution d'adolescentes.

      On aura du mal à oublier le sourire figé jusque dans la mort de Jae-young qui mieux que tout discours nous dévoile le vide intérieur de son existence. C'est par ce sourire qu'elle nous explique pourquoi elle se donne si facilement. Pas pour l'argent qui n'est qu'un prétexte, mais pour se détruire. S'auto-détruire. Et c'est le personnage le plus réussit du film, car le plus proche de l'univers de son auteur. Jae-young est un ange qui n'a plus rien à perdre, même pas la vie.

      Kim Ki-Duk sait en effet nous rendre palpable toute la détresse de cette jeune fille sans qu'elle ne l'exprime autrement que par son sourire. Et c'est bien ce qui fait la force de ce réalisateur. Dans l'Ile par exemple, le nombre de lignes de dialogue était inversement proportionel à l'émotion dégagée. Et c'est par le language universel des sentiments que se crèe l'empathie pour les personnages. C'est d'ailleurs cette façon de filmer dépourvue d'artifices qui nous plait tant chez le coréen, et peut être même dans le cinéma asiatique contemporain en général. Une sorte de retour aux sources qui nous évoque le cinéma muet. Car les mots sont souvent trop faibles pour contenir toute la douleur intérieure qui consume les personnages. Et l'intelligence de Kim Ki-Duk est de nous savoir suffisament sensibles à ces souffrances sans avoir besoin d'y consacrer plus qu'un regard ou un sourire.

      Et pourtant, Samaria n'est pas le grand film espéré. Car si tout ce qui a été dit plus haut reste valable pour chacune des parties du film, on peut aussi y déceler son contraire. Certains personnages deviennent bavards. Certaines scènes comme celle du client de Jae-Young qui arrive trop tard à l'hopital sont même grossières et indignes de ce rélisateur. Plus rien n'y est suggéré. Les caractères deviennent lourds, les réactions soulignées avec trop d'insistance. Comme si ces parties du film lui avaient échapées.

      Quant à la violence que l'on sentait déborder du plus profond de l'âme des personnages dans ses précédents films, c'était une violence non calculée, incontrolable et vaine. Et on retouve heureusement cette influence dans Samaria, comme dans la scène admirable où Jae-Young se donne la mort. Mais on est surpris d'y voir également un violence plus sèche, plus Kitanienne exactement. C'est à dire une violence plus dérisoire car controlée et controlable. Et le caractère du père de Yeo-Jin en devient alors moins interessant. Ce n'est plus un personage de Kim Ki-Duk à part entière car il réalise sa vengeance au nom d'une morale certaine. La violence qu'il libère devient pour lui rédemptrice puisqu'auto-justifiée.

      Pour finir, on peut aussi regretter l'influence de Kitano sur la fin du film et son "jeu de plage" au bord du lac. Ce jeu étant ici beaucoup trop chargé d'une symbolique émancipatrice pour être vraiment efficace. Là ou Kitano sait sortir de l'histoire et créer un intermède avec ses jeux de plages, qui ne servent alors qu'à souligner les pulsions caractérielles de ses personages, Kim- Ki-Duk utilise cette séquence comme une ellipse. Elle en devient alors trop chargée de sens pour devenir poetique. Tout l'inverse du final de l'Ile qui savait prendre ses distances avec l'histoire et éviter cet ecceuil sémantique.

      Au final, un film inégal, qui nous montre parfois le meilleur de son réalisateur, mais qui révèle aussi une envie d'aller vers un public plus large, ainsi qu'un public de festival (ours d'argent à Berlin). Kim Ki-Duk n'a pas besoin d'influence, ni de Kitano ni d'autres pour faire de grands films. Nul doute qu'il saura encore nous le montrer.

    3. Prince des ténèbres

      Publié le 22 Fév 2007 à  19:38

      Comme souvent chez Carpenter, la mise en place de l'intrigue est intelligente et pleine de promesse. Ce n'est pas le premier film à traiter du démon, mais l'approche est ici différente du fait d'une certaine recherche de légitimité scientifique. L'église qui en général est le seul obstacle à la propagation du mal, puisqu'on ne peut s'opposer à une croyance que par une autre croyance, adopte ici un rôle plus passif. Elle est tout bonnement dépassée. Et ce sont ceux qui sont les plus rebelles à la religion qui vont devoir défendre le monde face au Diable. C'est en effet une véritable armée de scientifiques, chacun spécialiste en son domaine, qui va devoir affronter le déchainement des forces du mal.

      Ceci posé, on ne peut être que très déçu du développement de cette lutte. C'est comme ci, après avoir eu l'idée de départ, le réalisateur s'était retrouvé en panne sèche d'inspiration. Et c'est sans invention aucune qu'il nous montre certains protagonistes se faire posséder les uns après les autres par le fils du vilain. C'est toujours sans imagination qu'il nous montre ces diablotins marcher tels des zombis vers leurs victimes pétrifiées et incapables du moindre mouvement pour s'échapper. Cette association visuelle et comportementale des possédés à des morts vivants nous démontre d'ailleurs qu'à ce moment là, John Carpenter ne sait plus vraiment quel film il est en train de faire. Il tourne en roue libre, et soit on en sourit, soit on s'ennuie. Mais en aucun cas on ne peut avoir peur.

      Heureusement, les dernières minutes du métrage nous font relever la tête. Le mal qui surgit du miroir, c'est bien le Mal tel qu'on ose même pas l'imaginer. Quelquechose d'affreux qui nous terrorise enfin. L'effet guignolesque est ici évité et on y croit. Ou tout au moins, on veut y croire. Carpenter nous a enfin réveillé, mais c'est un peu trop tard pour sauver son film.

    4. Police sur la ville

      Publié le 21 Fév 2007 à  20:57

      Police sur la ville est un polar noir et nerveux mais ce n'est pas un film d'action. Et c'est probablement ce qui en déçoit certains, car les premières minutes du métrage semblent annoncer un film tout à fait différent, plein du poursuites, de gunfight et de d'affrontements en tous genres. Mais ce n'est pas ce film là qu'a voulut faire Siegel.

      Tout en conservant un montage serré caractéristique du film d'action, le réalisateur va dès lors s'intéresser au cheminement émotionnel de ses personnages. La chasse à l'homme n'est plus alors qu'une toile de fond et les vrais affrontements vont avoir lieu entre Madigan et son épouse ou encore avec ses supérieurs.

      Ces scènes sont d'ailleurs souvent menées comme des combats, le montage y est rapide et certains plans ne doivent pas dépasser la seconde, et Richard Widmark en sort toujours perdant. Avec ce sentiment d'échec, Il n'aura donc plus d'autres issues que d'affronter son destin dans un final ou la désillusion l'emporte sur toute idée d'héroïsme.

      Madigan est donc bien un de ces petits films importants de Don Siegel, qui sous des allures paresseuses nous dévoile les préoccupations profondément humaines de son réalisateur.

    5. Mon nom est personne

      Publié le 19 Fév 2007 à  20:15

      Mon nom est personne est un western jouissif de bout en bout. Directement redevable à Sergio Leone pour sa gestion maitrisée de l'espace et du temps, mais aussi à son réalisateur Tonino Valerii pour son coté simplement divertissant.

      Tout a été dit à propos de ce film quant à son symbolisme de fin d'époque, Fonda représentant ici toute une page du western classique américain. Mais ce n'est pas un enterrement du genre pour autant. Ça aurait pu l'être si au delà de la citation, le film s'était abaissé à la parodie. Ce qu'il ne fait jamais, même dans les scènes d'humour.

      Car l'humour est une une composante essentielle de l'action dès que le personnage de Terrence Hill est concerné, ne faisant que souligner par sa légéreté le caractère sacré et respectueux du héros quasi mythologique incarné par Fonda, qui lui ne plaisante jamais.

      Mais au delà de l'analyse, on se rappellera avant tout ces fameuses scènes mythiques. Le gunfight d'ouverture; toutes les rencontres entre Henri Fonda et Terrence Hill; l'affrontement avec la horde sauvage; le gunfight final... Tous ces moments de pur cinéma représentent un véritable bonheur à chaque vision. Car ce film doit être vu et revu: on ne peut pas se lasser de Nobody.