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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Le Passager

      Publié le 02 Juil 2008 à  12:26

      Un film sur le mystère de l'autre et de soi même.
      Être de passage...
      Un film aussi sur la difficile quête du bonheur et les doutes constants qui nous assaillent et qui , du coup, brisent ce bonheur.
      Le côté fugace, insaisissable du bonheur.
      Est ce que le bonheur, ce n'est pas justement la consience du bonheur perdu ? Est ce vraiment saisissable?
      Un film sur la famille, aussi, ce lien réel malgré tout et la famille que l'on se crée, les familles de cirocnstances et de coeur
      Le besoin aussi d'être de passage, dans la vie de quelqu'un et aussi avoir besoin de passagers aussi, de gens de passage dans notre propre vie, qui nous permettent de nous redéfinir, nous faire entevoir ce que l'on peut être (un frère, un père etc..)
      Un film sur le trouble de chacun, le côté flou que chacun d'entre nous a.

      Un film au mystère lynchien et au réalisme à la Pialat : c'est la fusion des deux.
      Pour nous dire le mystère de l'autre et de soi même, le mystère des liens familiaux, et une réflexion aussi sur le bonheur et la famille.

      Ce film montre aussi comment le malaise existentiel cristallise sur un évènement par exemple, mais ce n'est pas forcément cet évènement traumatique (laissé flou et qui revient en flash backs, à la fois présenté comme un traumatisme mais aussi quelque peu dédramatisé et pas totalement expliqué)qui crée le malaise mais il sert de support à celui ci. Ici, il n'explique pas tout comme dans bon nombre de films relatant un "secret "familial, ou des histoires familiales lourdes.De plus cet évènement traumatique est présenté comme tel mais l'est il vraiment? La "victime" ne semble pas traumatisée. On reste encore dans le mystère et on se dit que tout cela peut concerner chacun de nous. Et c'est davantage notre intimité, nos pensées intimes qui sont évoquées, c'est ce qu'on imagine qui est traumatique plus que les faits réels car il y a la part d'inconnu chez les autres qui entraine le travail de notre imagination , de notre fantasmagorie, créant ainsi le malaise. Le drame a existé, certes, mais ce n'est pas cela qui est donné comme le point central du film finalement , contrairement à de nombreux films sur les drames intimistes et familiaux. C'est tout le reste qui est mis en avant: le drame a existé mais il révèle plus qu'il n'est la cause de tout le reste. Il sert de révélateur et non de cause. Et c'est cela qui est singulier et intéressant dans ce film.

    2. Française

      Publié le 01 Juil 2008 à  18:14

      Le film repose uniquement sur la performance de Hajfsia Herzi ( la révélation de l'année passée avec son rôle formidable dans "la graine et le mulet", film non moins remrquable) et elle est excellente. Par contre, le scénario, prometteur au départ, uen fois lancé, tombe au point mort, la réalisatrice ne se contentant que de montrer Hafsia triste, puis en colère, puis frustrée etc...Il ne se passe plus rien, le film est en roue libre. L'actrice déambule partout, en ville, dans les plantations d'oliviers, dans les batteries d'élevage, à la fac. Parfois, on ne sait même pas où elle était , où elle est et où elle va.. L'idée de départ est intéressante mais ensuite, il n'y a plus aucune idée de cinéma, si ce n'est des images et une formidable incarnation par une actrice exceptionnelle malgré son jeune âge, à côté de laquelle les autres paraissent bien fades. La réalisatrice a négligé son scénario, son propos ainsi que la construction des autres personnages. On ne sent pas trop pourquoi elle veut partir du Maroc, pays qu'elle et ses parents ont rejoint alors qu'ils vivaient en France et qu'elle avait une dizaine d'années à peine.Ou bien c'est trop évident. Le film se contente de nous le dire sans nous le montrer. Par contre Hafsia sait parfaitement nous faire ressentir sa souffrance mais ce n'est que cela qu'elle doit faire et ce n'est pas étayé par un scénario suffisamment fort si bien que la performance apparait par moments gratuite.
      Le film aurait gagner à creuser davantage ce qu'il ne fait qu'effleurer au profit de l'actrice principale. L'entrechoquement des convictions et des modes de vie entre la France et le Maroc, entre la mère et les femmes du pays et la jeune étudiante émancipée rêvant de France: tout cela était intéressant et bien vu. Il semble que les femmes marocaines acceptent leur sort , à savoir d'être au sefvice de la maison. Mais non seulement elles l'acceptent mais elles semblent s'y plaire. Du point de vue occidental et de celui de Sofia, cela n'est pas acceptable et elle ne peut s'y ce onformer. Pourtant, les autres femmes ne sont pas soumises à l'homme: elles choisissent cette position , ce rôle de façon volontaire et elles la défendent. Ce n'est pas l'homme qui les domine ( le père a d'ailleurs plutôt l'air perdu et , contre l'avis des femmes, ammène sa fille en ville et dans les oliviers pour l'aider) mais c'est une question de culture. Et les femmes adhèrent à cette culture pleinement , peut être même plus que le père. Cet aspect est intéressant et bien vu et va au delà des clichés. Mais pour le reste, les clichés prennent le dessus afin de laisser libre cours à l'éventail de nuances du jeu de la jeune actrice. Au profit de l'actrice ( je le rappelle excellente) mais aux dépens du film.

    3. Une femme coréenne

      Publié le 01 Juil 2008 à  8:45

      Radioscopie d'un couple qui se délite peu à peu, sans s'en rendre compte vraiment, jusqu'au drame qui va révéler les non dits, mettre à jour les blessures, les cicatrices. Derrière les petites scènes de chronique familiale, parfois drôles, légères, cocasses, qui parfois dans d'autres films nous émeuvent et nous amusent, se cachent ici en fait un vrai malaise.
      Le film montre les micro évènements qui fragilisent un couple de façon imperceptible. Ce n'est pas forcément les gros coups durs qui en sont à l'origine mais c'est le quotidien (usure, vie professionnelle etc...) mais pourtant, il n y a pas de désamour. Le mari trompe sa femme , elle finira aussi par le tromper mais cela n'est pas présenté comme causé par de l'insatisfaction ou du désamour. C'est une façon inconsciente d'affirmer la liberté moderne qui s'affirme elle consciemment dans la société et les mentalités. Or bien sûr, c'est assez incompatible avec le couple traditionnel. Le film montre cette zone de frottement entre les aspirations individuelles d'une société libérale (pas seulement économiquement ) et l'idée du couple traditionnel fondé sur l'amour mais aussi sur une dépendance . Mais les deux sont des aspects certes contradictoires mais bien présents et fondamentaux dan la nature humaine. De même, le drame ( dont on ne révèlera pas la teneur ici car l'effet de surprise est une composante du film) n'est pas fondé sur les représentations classiques dans ce genre de fait divers mais il est soudain, impulsif, et révélateur lui aussi d'un malaise, d'une détresse, d'une immaturité et d'une inadaptation.
      Le sexe joue un rôle non négligeable dans ce film et est capital chez tout individu et le couple ne permet pas forcément, comme on le pense avant le mariage et comme la femme du film le raconte au téléphone à une amie, de le remplir pleinement. Elle prend vraiment son pied après un drame terrible et avec son jeune amant, lorsque le sexe remplit à fond sa mission , à savoir s'oublier soi même. Or le couple ne permet pas facilement de s'oublier soi même.
      Un film au final plutôt sombre qui montre combien les représentations du couple traditionnel dans la société moderne contemporaine sont chamboulées, difficielement viables.Mais paradoxalement, il invite à inventer ses propres fonctionnements car s'il condamne une certaine forme de couple, il ne dit pas pour autant que la vie en couple est forcément impossible. Mais tous les couples dans son film sont en échec car ils se conformaient tous à la représentation classique du couple , dans une société où c'est l'individu qui a la primeur.
      On sent les individus, homme et femme, perdus et immatures face à cette "liberté" qu'ils revendiquent mais qu'ils ne savent pas assumer.
      Au delà du couple, le film se penche sur une société en transition entre la tradition et le modernisme. Il y a cette prise de conscience mais elle n'est pas totalement assimilée et digérée et de nouvelles formes de vie en couple sont à inventer, à tester et c'est cette transition, cette éxpérimentation avec ses échecs qui nous est montrée ici. Tout le monde semble un peu perdu, les repères sont brouillés et confondus.
      Le film n'échappe pas par moments à des tics propres au cinéma asiatique ( une certaine lenteur et un esthétisme aux dépens parfois de l'émotion) pas toujours opportuns et à des facilités et des raccourcis scénaristiques; mais le film imprègne lentement notre cerveau. Il nous montre à la fois le malaise mais en nous le faisant toucher du doigt, il nous offre la possibilité de le dépasser, de l'assimiler et l'accepter pour mieux le transcender. Certes, ce n'est pas très original ( le malaise du couple , les repères un peu flous des hommes et des femmes dont la place dans la société sont en cours de redéfinition : tout cela est connu ) mais le film est malgré tout assez intéressant car il parvient, à ses meilleurs moments et par le biais d'une sensation générale qu'il laisse après vision, à nous faire ressentir et à nous montrer ce malaise , et pas seulement à en parler et à le dire.

    4. Darling

      Publié le 29 Juin 2008 à  10:47

      Finalement plus sombre que le roman, malgré un côté moins trash, et des scènes en hors champ afin d'éviter de trop choquer. Pourtant, le film laisse une impression beaucoup plus noire, triste, déprimante alors que le roman laissait plus de place à l'humanité ( notamment l'épisode de l'adolescence chez la boulangère, mère de substitution aimante était plus long et était une rupture bienvenue dans le chapelet d'horreurs que fut la vie de Darling jusque là).
      La deuxième partie du film est moins cinématographique et a recours à une voix off sur des images assez conventionnelles.
      Il faut noter l'extraordianire performance de Marina Fois, qui incarne avec beaucoup d'émotion cette femme au destin difficile.
      Le film n'est qu'une adaptation de l'histoire et ne la transcende pas. Certes, l'interprétation est très bonne, comme je viens de le dire mais contrairement au livre qui , avec humour malgré tout et grâce à cet humour, disait la force de vivre et érigeait en exemple ce destin hors norme, amenant chacun à s'interroger sur le regard que l'on peut porter aux autres, notamment aux gens qui a priori ne nous intéressent pas et pour lesquels on peut avoir des a priori. Le roman était un appel à plus de tendresse, d'empathie malgré un constat peu engageant sur les hommes. Aucune haine envers qui que ce soit ne transparaissait malgré les mauvais traitements et humiliations présentées mais au contraire,et paradoxalement, une envie d'écouter, d'aimer, d'aider. C'est un appel à moins d'indifférence aussi évidemment. Darling le dit elle même à la juge :les gens se foutent des histoires où l'héroine n'est pas belle donc elle veut qu'on dise qu'elle est belle. Et voilà là où le roman avait réussi : c'était nous intéresser sur le sort d'une femme pas jolie et nous faire comprendre que cela est vrai aussi : qu'on ne s'intéresse qu'à ce qui nous plait, qu'à ce qui est gratifiant.
      Le film lui, ne parvient pas à être autre chose qu'une simple adaptation de l'histoire.Mais l'histoire étant suffisamment forte, le film est....
      honnête mais moins fort que le roman.

    5. Le Scaphandre et le papillon

      Publié le 29 Juin 2008 à  10:42

      Le projet d'adapter ce livre était anti cinématographique apparemment mais le réalisateur s'en sort très bien et est très créatif.
      Il a d'ailleurs obtenu le prix de la mise en scène à Cannes et cela est largement mérité.
      Et ce n'est pas de la forme pour de la forme. Ce n'est pas qu'un simple exercice de style audacieux et réussi : c'est bien plus que cela.
      De plus, il ne tombe pas dans le piège qui se présentait à lui , à savoir le sujet a priori tire larmes, déprimant . Au contraire, l'humour est bien au rendez vous, sans pour autant occulter l'émotion.

      On se rend compte vite que c'est notre façon de voir le calvaire de cet homme ( réduit à l'état de légume physiquement mais en pleine possession de ses moyens intellectuels à la suite d'un accident vasculaire cérébral ) qui est lacrymal mais non pas sa propre vision des choses: certes, il y a d'abord la stupeur, le choc lorsqu"il se réveille et prend conscience de son état et le cri " prolonger la vie : c'est ça la vie??!" hurle t - il face au docteur qui tente tant bien que mal de lui remonter le moral. Et on adhère à ce cri mais tout l'intérêt du film est de nous montrer que peu à peu, sa vision des choses n'est plus la nôtre et qu'il essaie de vivre et qu'il vit. Ce qu'on voit et ce qu'il nous montre c'est de la vie: il s'adapte en quelque sorte, émotionnellement et pas seulement techniquement. Il a des moments de déprime et des petits instants de bonheur. Il se crée sa vie et il vit finalement. Comme nous tous finalement.
      Combien de fois se dit on qu'être plongé dan la paralysie, ce serait terrible et là , on est avec quelqu'un qui l'est au plus haut point et on l'écoute, lui , et non pas ce qu'on imagine de ce que la vie serait dans la situation là. Dans le cas d'une paralysie telle, on imagine souvent une non vie . Or sa vie émotionnelle est tout aussi riche, si ce n'est plus.
      Ce film est émouvant, fort et surtout un il fait aimer la vie car cet homme l'aimait et a mené sa vie malgré sa paralysie, son syndrome.
      Toute la force de ce film réside dans cette façon de nous montrer la vie à travers la personne paralysée : là où dans notre position de personne valide, on voit ce qu'il vit comme une forme de mort, le film nous montre un type profondément et richement vivant avec ses peines bien sûr mais aussi ses petites joies, ses grandes émotions..
      Et le fait de finir le film en chronologie inversée avec son accident cérébral qui l'a plongé dans son locked in syndrom montre que tout ce qu'on a vu , c'est bien de la vie. Or on sait que ça s'est passé après l'accident qu'on vient de voir et qui évoque la mort, l'angoisse, la fin.
      Un film plein d'espoir, un hymne à l'imagination , à la mémoire. Cer c'est ce qui lui reste et il l'utilise au maximum.