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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Les Lois de l'attraction

      Publié le 26 Sept 2007 à  15:05

      Sex, drug and Rock'n Roll au pays des blondasses au teint orange... on avait eu la version papier, un pamphlet compatissant sur la dètresse de la jeunesse dorée californienne. Voici la version celluloid, rapide comme une balle, aiguisée comme une lame de rasoir. Avary rend justice à Brett Easton Ellis avec cette version bigger than life du livre culte.

      Les jeunes sont des etres en Péril, se détruisent tous seuls, se créent des spirale de souffrance, et restent traumatisés par les affres de l'excès. Sex, Drug and Rock'n Roll, les trois anti-héros, trois beautés, le viril, la féline et l'androgyne, trois vampires qui se dévorent l'un l'autre, jusqu'à s consumer. Cette vision "no future" de l'adolescence est hélas plus que fondée. La détresse amoureuse noyée dans la drogue, l'alcool ou le suicide, ce n'est pas une fiction et les trois personnages principaux, admirablement interprétés (mention spéciale à Van Der Beek, dont on pouvait n'attendre que le pire), sont trois axes qui détruisent aussi bien: l'excès, la marginalisation ou l'amour à sens unique. choisis ton arme et donne toi la mort.

      Magistralement mis en scène, de la maitrise du split screen au recours aux artifices des clips de Mtv, Rules Of Attraction débute déjà avec cette scène d'ouverture absolument hallucinante où le spectateur allant en avant puis en arrière dans le temps, suit les trois conclusions qui se déroulent en simultané. Bien malin celui qui réussira à surpasser ce coup de maitre-là!

      Du début à la fin, on reste accroché à ces trois winners pathétiques quiavaient tout pour eux sauf l'amour, élément clé pour une existence pleine et saine. Avary maitrise sa leçon e tse révèle un excellent prof.

    2. Shaun of the Dead

      Publié le 26 Sept 2007 à  14:53

      Edgard Wright et Simon Pegg ont inventé un procédé révolutionnaire: l'hommage parodique. Loin de Scary Movie, Y a-t-il un Flic… et autres potacheries sans vrai scénario, Shaun Of The Dead est un film de zombie mélangeant les genres : horreur, humour et clin d'œil. Un mélange qui fonctionne – mieux, un mélange qui fait date.

      Avec son casting de british archi-connus, son scénario bourré de perles, de la réplique culte au rebondissement hilarant, Shaun Of The Dead joue avec les codes du genre, revoit les canon du film de Z… et se permet des références poussées, véritables private jokes adressées à Romero, qui d'ailleurs n'est pas resté insensible au charme de cette « comédie romantique avec des zombies » puisque Edgard Wright et Simon Pegg ont leur petite apparition dans Land Of The Dead, dernier Romero sorti à ce jour (à une semaine de Shaun Of The Dead).

      Coté casting, on est impressionné avant tout par le duo détonnant que forment Simon Pegg et Nick Frost, incarnant à deux un genre unique. Tels Laurel et Hardy, ils peuvent décliner leur collaboration à toutes les sauces : film de zombies, film d'action (l'excellent Hot Fuzz), road movie (bientôt), …, et pourquoi pas une comédie romantique, un film de science fiction, d'heroic fantasy ? L'alchimie prendrait à tous les coups. En passe devenir culte, les deux « regular english dudes » révolutionnent la comédie, sans même en faire en théorie. Ce n'est que dialogues en rafales, répliques qui tuent, et coups d'œil complices. On en viendrait à les ranger parmi ses amis, tant ces deux là sont attachants.

      Mais cela ne s'arrête pas là, car si le scénario et le duo principal porte très haut ce film, la mise en scène en fait de même. Rapide, épousant els codes du fil m de genre tout en les modernisant, la réalisation de Edgard Wright est détonante. Quand il y a de l'action on reste accroché, quand il y aa une accalmie, on est hilare devant les dialogues. Et ces enchaînements façon clips des petits moments triviaux qui démystifient les héros tout en les rendant plus sympatiques (le fameux wc -brosse à dents- badge – biscotte en une seconde et demi à l'écran) ne sont pas sans rappeler le temps où Guy Ritchie était bon.

      Drôle, extrêmement bien mis en scène, très bien interprété, … , rien ne manque à cette nouvelle référence du film de zombies.

    3. 2001: l'odyssée de l'espace

      Publié le 26 Sept 2007 à  14:52

      Il y a peu de réalisateurs qu'on peut appeler artistes sans être repris par un quelconque partisan du « le cinéma c'est pas de l'art, c'est que du divertissement, c'est une industrie ». Mais on n'a jamais vu quelqu'un contesté le fait que Stanley Kubrick était et sera toujours un artiste. Un artiste avec son esthétique, sa sensibilité, ses convictions.Celui dont tous les films personnels et même d'autres avant étaient chargé de sens, de sagesse autant que d'émotion nous livra en 1978 l'adaptation du livre de Arthur C. Clarke, 2001 : l'Odyssée de l'Espace, une œuvre unique, surpassant le matériau original et apportant à la science fiction une mystique que l'on cherche encore à égaler, en vain.

      D'un point de vue esthétique, 2001 est déjà un pari risqué et réussi. S'ouvrant sur un quart d'heure sans dialogue où des êtres primitifs, ancêtres de l'Homme, subsistent tant bien que mal et débutent leur conquête du monde par un geste qui offre une des images les plus marquantes de l'histoire du cinéma : le primate Guetteur de Lune brandit un os et apprend à se battre, à se défendre, à conquérir. Conscient de sa victoire sur la Nature, celui qui sera le père de l'humanité et le premier des Etres touchés par le mystique parallélépipède d'un noir absolu lance son arme vers le ciel, geste prophétique et signe de défi adressé aux forces qu'il ne connaît pas encore. Des siècles plus tard, le parallélépipède réapparaît sur la lune et déclenche la longue quête spatiale et spirituelle. S'ensuivent une multitude de scènes sublimes, de la valse des satellites au combat entre Dave et HAL 9000, l'ordinateur prophète, jusqu'à un final d'un quart d'heure, à nouveau sans un mot. Ce dernier quart d'heure nous emmène dans un univers surréaliste, celui du monolythe. De bout en bout, le film est parfait, ambitieux, étrange, et beau à pleurer. La musique, les prises de vue, l'apesanteur de la réalisation, les acteurs au mines de mimes. Tout est envoûtant. Evidemment, le style Kubrick peut déstabiliser, mais si l'on aime, on aime pour toujours.

      D'un point de vue « intellectuel », 2001 est magistral en cela qu'il prend un livre de science fiction traitant d'extraterrestre et en fait un film riche en connotation religieuses. En effet, si l'on n'a pas lu le livre, on est convaincu que le parallélépipède, c'est Dieu. Revisitation de la genèse, 2001 nous offre une autre vision possible de l'avènement de l'Homme. L'Homme était un animal et , une fois touché le divin, il est devenu un être pensant, ne subissant plus son monde mais s'y imposant. Le monolythe marquerait alors une grande étape : d'abord la conquête de la planète, puis, la conquête de l'espace. Dans toutes ses conquêtes, l'Homme rencontre la Main de Dieu symbolisée par cette figure géométrique inaltérable, plutot que par la peinture de Dieu dans ses nuages tendant la main à l'Homme qui attend. Le rôle de HAL ? peut être lui aussi est il destiné à évoluer. Peut être était il l'ange qui devait guider Dave vers son accomplissement. Cela expliquerait la vision finale qu'a Dave, une fois capturé par le Monolythe : une renaissance.

      Bien sur, il ne s'agit que d'une interprétation, laquelle est partie en fumée avec la lecture du livre et/ou le visionnage de la suite, tout aussi bien faite mais moins brillante, moins ambitieuse, plus terre-à-terre. Reste cette curieuse impression que Kubrick nous livre une vision personnelle de la religion à travers une histoire, à travers un genre, la science fiction, qui est pourtant plus destiné à montrer l'imagination de l'homme plus que l'inspiration divine. Le film en tout cas reste, lui, divin.

    4. Orange Mécanique

      Publié le 26 Sept 2007 à  10:23

      Alex est méchant, selon les standards de notre société. Alex est nuisible selon les normes de notre société. Alex doit changer selon les critères de notre société. Mais que dire de notre société ? Perçu comme une apologie de la violence par les idiots qui ne cherchent pas plus loin que la surface, ces mêmes idiots dont le comportement amena Kubrick à refuser la diffusion de son film pendant tant d'années, Orange Mécanique est une remise en question de la normalité. A la manière de Voltaire et de son Candide, Kubrick livre la vision de Burgess et surpasse le roman grâce à la rage de sa rèalisation, grace à la violence habilement mise au service de son subtil propos… et grâce à Ludwig Van.
      Alors que beaucoup se sont arrêtés à l'exaltation du jeune tueur et en ont déduit que la violence était célébrée dans ce film, on peut réfléchir deux secondes et écouter plus attentivement le message d'Orange Mécanique : La loi ne rend pas bon, la loi oblige à l'être. Le crime d'Alex n'est donc pas tant d'être un tueur, un sadique ou un cambrioleur. Sa faute est d'être hors la loi. Comme il le suggère lors de ses réflexions sur la Bible, où il s'imagine en centurion romain fouettant le Christ, tuant sur le champ de bataille ou forniquant sous sa tente, il n'aurait pas été vu comme un criminel à une autre époque, dans une autre société. C'est aussi ce qu'explique en partie le prêtre qui el prend en amitié : obliger quelqu'un à ne plus faire de mal ne le rend pas bon pour autant. Ce conditionnement contre nature est symbolisé par le malaise que ressent Alex après son traitement : en quoi ne plus supporter Beethoven le rend il bon ? Ce point montre l'aspect artificiel de sa « guérison ».

      Le propos de Kubrick peut alors paraître ambigu. Mais il ne propose pas une solution contre la violence, il dénonce simplement la pression sociale. Tuer, violer, voler, c'est mal, mais torturer, laver le cerveau et conditionner ce n'est pas mieux. Kubrick livre à sa manière un plaidoyer pour le libre arbitre : être bon est un choix personnel, et la loi ne représente en aucune manière la bonté. Equivoque, ambigu, Orange mécanique se voit et se revoit pour son intérêt philosophique autant que pour le génie esthétique de sa mise en scène. Un classique absolu.

    5. Braquage à l'Italienne

      Publié le 26 Sept 2007 à  10:02

      S'attaquer à un remake du fameux Italian Job avec Michael Caine est un pari osé. Et pourtant, la version des années 2000 s'en sort à merveille. Pourquoi ? Grâce à son casting. Rien d'autre ? Non.

      S'il n'y avait pas ce casting, le film serait juste un autre mauvais remake, un sous-Ocean's Eleven, avec ses blagues réchauffées, ses cambriolages plus chers que le butin à la clé et plus invraisemblables qu'un éléphant funambule. On essaye qund meme de nous faire croire qu'une voiture va rentrer dans la maison du bad guy et faire des virages à 90° comme ça, sans effort. Il faut beaucoup de patience et de compassion pour le scénariste un peu fatigué sans aucun doute. Le final est à la fois abracadabrant et décevant, les scènes de préparation sentent le réchauffé. Bref, on est en terrain connu de bout en bout.

      Seulement voilà, alors que Dino di Laurentiis disait « avec un bon scénario et bon réalisateur, même moi, je pourrais jouer Clarice Starling », on assiste avec ce nouvel Italian Job au constat inverse : avec un casting bien choisi, n'importe quelle histoire peut passer. La bande de cambrioleurs inspire une telle complicité, les acteurs sont si à l'aise dans leurs rôles qu'on est prêts à tout gober. Pour cela, je tire mon chapeau. Bien sur, il y a aussi le fait que, du scénario, le travail sur les personnages occupe 90% du travail. Chaque personnage est fouillé a sa personnalité originale, ses tics, ses affinités avec les autres personnages, la manière dont chacun repose sur l'autre, etc, et surtout chaque interprète est choisi à la perfection. D'abord Seth Green, avec sa tête de geek, sa carrure de crevette et son admiration envieuse vis-à-vis de ses compères plus virils, plus surs d'eux. On a ensuite Mos Deff, un artiste complet, qui campe avec style le « bomberman » de la bande, un personnage très original avec sa demi-surdité, sa culture et son obsession pour les chaussures. Viennent ensuite Jason Statham, mémorable dans ce rôle de sex symbol et enfin Mark Wahlberg, toujours bon, toujours malin et toujours classe. S'ajoutent aux complices le traître, Edward Norton, excellent jusque dans les séries B, qui joue à merveille de son profil de traitre et de son regard fuyant, Charlize Theron, sobre, classe, féline, qui détonne un peu par rapport à la faune qu'elle est amenée à fréquenter, et Donald Sutherland qui encore une fois, même si c'est bref, écrase tout le monde en un quart d'heure. Les interactions d'un personnage sur l'autre fait de cette bande une véritable construction de dominos : chacun tient particulièrement à un personnage et le protège, alors qu'un autre le conseille. Ce circuit fait le tour de la bande et donne à l'écran une alchimie des plus réussies. Quel dommage qu'une telle maîtrise ne soit pas perceptible dans tout le scénario !

      Au final, Braquage à l'Italienne version 2003 vaut bien son ainé, sans vraiment le surpasser, mais remet juste la série B au gout du jour avec force prises de vue clipesque et private jokes consolidant le charisme de la bande de malfrats. Cela donne un film sympa, pas prise de tete, juste distrayant.