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Mes Critiques de Films

  • Toutes mes Critiques de Films publiées sur CineMovies!!


    1. Palindromes

      Publié le 13 Janv 2008 à  17:26

      Déjà dans « Bienvenue dans l'âge ingrat », Solondz nous livrait le récit grinçant et sans concessions d'un passage à l'âge adulte douloureux, film qui lui vaudra de nombreuses récompenses.
      Après les excellents Storytelling et Happiness, il nous revient en 2004 avec « Palindromes », un film qui raconte les déboires d'une jeune-fille de 12 ans cherchant à tout prix à être enceinte. Plusieurs personnages – et c'est là la grande originalité du scénario – vont interpréter successivement cette jeune-fille.
      En découvrant le film, on comprend pourquoi celui-ci a été tant malmené par la critique. A la différence de ses précédentes œuvres qui étaient tout juste déstabilisantes, Palindromes est réellement un film dérangeant, de par son format qui peut égarer mais aussi et surtout de par son thème qui touche cette fois à la sexualité juvénile et flirte avec la pédophilie. Certaines scènes sont clairement explicites, peut-être trop. Mais la prise de risque est remarquable. Solondz s'est débarrassé de toutes ses retenues et tabous pour nous livrer l'un des films les plus cruels sur la vie.
      Une mention toute particulière à l'épisode "Mamma Sunshine" qui rappelle le cultissime "Freaks" de Browning.
      Les hommes sont présentés comme des bêtes assoiffées de sexe et totalement irresponsables. Quant aux femmes, ce sont des hystériques travaillées par le désir de maternité et d'une effroyable détermination.
      Le film commence par un enterrement, celui de Dawn Weiner, l'héroïne de « Bienvenue dans l'âge ingrat » et ceci n'a rien d'anodin. En effet, un Palindrome est un mot dont le sens reste le même qu'on le lise de gauche à droite ou de droite à gauche et c'est précisément, le sens que Solondz prête à la vie : une sorte de répétition infernale qui n'aurait comme issue finale que la mort.
      Quoi qu'on en dise, « Palindromes » est un film courageux et sincère qui a au moins le mérite de bousculer les conventions. Une véritable douche froide dans un monde de plus en plus aseptisé.

    2. Arrivederci amore, ciao

      Publié le 18 Oct 2007 à  17:17

      En voyant "Arriverderci Amore Ciao", on est confronté à deux sentiments : une forme d'admiration pour le film en lui-même qui est globalement réussit et une sorte de sentiment étrange de déjà vu. Et cela s'explique assez facilement d'ailleurs car il suffit d'avoir vu la plupart des derniers films italiens "de genre" comme on dit qui sont sortis ces dernières années pour constater qu'il existe une incroyable unité de thème et de traitement (avec quelques variantes tout de même) qui laisse un peu perplexe... Aucune espère de copiage quelconque ni même de référence à l'un ou l'autre mais tout simplement une même inspiration. Lorsque le film est bon comme c'est le cas d'Arriverderci Amore Ciao, il est impossible de ne pas y être sensible même si l'on a déjà vu beaucoup de scènes similaires (mais moins belles) dans d'autres films.
      Seulement, le cinéma italien ne se résume pas qu'à des histoires de flics, de drogue, d'engagement politique, de corruption et de violence et cette tendance actuelle à tout vouloir ramener à ces thèmes pourrait finir par lasser.

      Sur le film lui-même, on notera tout de même une grande réussite : le portrait d'un être sans foi ni loi, qui restera sale et mauvais jusqu'au bout. Une telle amoralité est rare et mérite d'être soulignée. C'est certainement ce qui différencie le plus ce film de ses frères jumeaux. Un léger bémol cependant concernant le personnage de Roberta assez irritant, la faute à l'actrice qui, pour le coup, est vraiment tête à claque et ne fait pas dans la subtilité. Heureusement, l'excellente BO et les belles images qui jalonnent le film (comme celle des parapluies à la toute fin) auront raison des quelques réserves concernant le casting.

      Bref, une belle réussite qui laisse de marbre néanmoins.

    3. Joyeuses funérailles

      Publié le 14 Oct 2007 à  0:16

      L'humour noir n'est jamais aussi bien exploité que par les anglais, en témoigne le célèbre "Quatre mariages et un enterrement", une comédie romantique sur fond macabre qui avait connu un joli succés en son temps et ravivé la flamme des bonnes vieilles comédies britanniques.

      Dans "Joyeuses Funérailles", Frank Oz nous offre une histoire bien plus grinçante qui flirte à certains moments avec la comédie romantique, mais seulement épisodiquement. Une famille est réunie à l'occasion d'un décés, et ce qui s'annonçait comme une cérémonie pénible et triste, se révélera être des plus joyeuses. De son influence américaine, Oz a gardé le sens du spectable et de la mise en scène, forgés par son métier de marionnetiste ainsi qu'une imagination très fertile, le tout mêlé à une bonne dose d'humour typiquement britannique. Le rythme est plutôt bien mené même si la première est un peu longuette, le comique de situation est rééllement jouissif et les personnages particulièrement tordants. Quant au stratagème complètement fou et malsain, élaboré en catastrophe par les héros afin de dissimuler un lourd secret de famille va finalement se réveler inutile car celui-ci sera très vite mis à jour, pour le plus grand bien de toute la famille. C'est là une belle acrobatie qui fonctionne à merveille, grâce aussi, soulignons-le, au formidables acteurs qui se prêtent avec une facilité enfantine à un scénario des plus loufoques.

      Un sympathique petit film sans prétentions, qui ne marquera pas par sa singularité mais qui restera une bonne référence dans son genre.

    4. Une Vie volée

      Publié le 04 Oct 2007 à  21:20

      A la fin des années 60, Susanna, une jeune-femme dépressive est internée dans un hôpital psychiatrique suite à une tentative de suicide. Là-bas, elle se lie d'amitié avec d'autres patientes et plus particulièrement avec Lisa, une jeune-femme tyrannique et dérangée avec qui elle tentera de s'évader.

      Adapté du roman autobiographique de Susanna Keyton, "Une Vie Volée" (dont le titre original est bien plus évocateur), est un film témoin sur l'enfermement, la solitude, la folie (ou plutôt sa réelle signification) aux accents féministes et au propos volontairement dénonciateur. En effet, on y retrouve beaucoup de la mentalité de l'époque, notamment dans l'évocation de la guerre, de l'émancipation des femmes et de l'anti-conformisme qui se manifeste au travers de cette jeune-femme qui refuse tour à tour de se laisser enfermer dans la routine bourgeoise de ses parents mais également dans cet hôpital où elle ne se sent pas à sa place.

      Le scénario est solide car basé sur une histoire vraie, les actrices sont absolument époustouflantes (certainement l'un des plus beaux rôles d'Angelina Jolie, qui lui valu d'ailleurs un oscar) et la bande-originale est étonnamment de très bon goût pour un film dont le thème ne se prête pas forcémment aux évasions musicales...

      Certes, le film manque un peu de maturité dans sa façon d'aborder certaines questions existentielles et reste parfois dans le shéma simpliste du film ultra-féminin, s'adressant essentiellement à ce type de public et ne cherchant pas à aller plus loin.

      Néanmoins, "Une vie volée" est un film touchant et humaniste qui fait penser au fameux "Magdalene sisters", dont le récit, tiré d'une histoire vraie, se situait à la même époque dans deux pays différents.

    5. L'Exorciste

      Publié le 02 Oct 2007 à  23:55

      Film mythique s'il en est, l'exorciste n'est pourtant pas à mettre entre toutes les mains. En effet, si celui-ci peut fortement marquer lorsque l'on est un jeune adolescent fragile, il peut tout aussi bien décevoir lorsque l'on est un adulte averti, pour ainsi dire blasé et nourri aux films d'horreur.

      Dès lors, comment juger une telle oeuvre ? Tout d'abord, l'Exorciste est un film profondémment psychologique. Le caractère mystique du récit est pour ainsi dire secondaire car ce qui intéresse Friedkin, ce sont les entrailles humaines et non le céleste. C'est en cela que Friedkin a réussit là où tant d'autres ont échoué, en pénétrant au plus profond des entrailles. Un prêtre psychiatre, une mère actrice... Autant de fils conducteurs qui nous mènent à cette figure diabolique incarnée par un petit ange.

      On ne peut qu'admirer la minutie avec laquelle Friedkin a parsemé son film de minuscules détails qui vous glacent le sang, comme cette fameuse image subliminale qui réussit à vous effrayer davantage que le reste du film...

      L'exorciste est une oeuvre magistrale, bien que trop copiée et trop adulée en un sens pour que l'on ne soit pas un tantinet déçu par le résultat final.