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Mes Critiques de Films

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    1. The Queen

      Publié le 02 Nov 2006 à  15:20

      2 mai 1997, Tony Blair est élu premier ministre de grande bretagne. Quelques mois plus tard, le 31 août 1997, Lady Diana, ex princesse de Galles meurt tragiquement à Paris dans les circonstances que personne n'ignore aujourd'hui. Que s'est il passé derrière les mûrs du 10 downing street et dans les entrailles du château de Balmoral ? Récit d'une semaine qui a mis en péril la monarchie anglaise …

      Ce film dépeint le décalage grotesque qu'il y a entre la reine, ferme, enfermée dans ses protocoles et son peuple représenté par Tony Blair. Celui-ci, fraîchement élu, souhaite faire comprendre à la reine qu'il est dans son intérêt de contourner les règles afin de garder le soutien de ses sujets. Tony Blair quant à lui est anxieux de l'image qu'il donne. Elisabeth II se trouve donc forcée de porter le deuil afin de satisfaire les anglais de plus en plus mécontent de son attitude distante envers leur « princesse du peuple »

      Stephen Frears a abordé cette tragédie avec une extrême pudeur envers les protagonistes de cette histoire. Il été très respectueux, notamment pour la scène de l'accident suggérée et floue : inutile de voir des images pour comprendre le choc ! D'autres part, on ne verra pas le chagrin des princes William et Harry, caché dans le château d'écosse familial.
      Pour ceux qui voulaient se délecter de la vie de nos têtes couronnées, faites demi tour, il ne s'agit pas du tout d'un film de voyeur !
      Pour preuve, toutes les images de Diana sont des images d'archives et de journal télé. Seul la sortie de l'hôtel a été reconstituée.

      Heureusement The Queen n'est pas uniquement un film dramatique : quelques touches d'humour ont été ajoutées comme la première rencontre de Tony et Cherie Blair avec la reine : leur maladresse est très drôle, quoique peu réaliste à mon avis.

      Deux personnages m'ont tout de même un peu déstabilisé. Tout d'abord le reine mère, qui est n'est pas présentée sous son meilleur jour, alors que j'avais l'impression qu'elle était plus humaine que sa fille. D'autre part le Prince Philip, généralement effacé et souriant, mais qui est ici dépeint de façon très snob, réactionnaire, limite méchant et idiot. Pour preuve, sa réplique « Elle nous empoisonne encore plus morte que vivante »
      Justement me vient une question : Quelle est la part de vérité, et de fiction dans ce film ?

      Dans The Queen, on y croise des sosies plus ou moins ressemblant de Tony Blair, sa femme chérie, les princes Philip et Charles, mais la plus impressionnante est tout de même Helen Mirren. Pas forcément pour sa ressemblance avec Elisabeth II ( beaucoup trop jeune), mais pour son attitude, les traits qu'elle a réussit a imiter a la reine : froide, digne et insensible, comme dans la scène où seule dans la lande elle a peur pour la vie d'un cerf : Elisabeth II serait elle plus sensible a la vie de ce cerf qu'à la vie d'un être humain ?
      Pourtant malgré cette apparence hautaine, Helen Mirren parvient à nous émouvoir sur son sort. On arrive à compatir !

      Lourdeur des protocoles, distance avec le peuple …. La monarchie anglaise a-t-elle encore sa place au XXIe siècle ? Stephen Frears se questionne sur le pouvoir, la solitude face au décalage anachronique entre les traditions et le modernisme.

    2. La Nonne

      Publié le 31 Oct 2006 à  15:46

      Depuis quelques années, le cinéma ibérique fait une percée remarquée et remarquable dans le paysage international. De nouveaux réalisateur se sont fait connaître et notamment dans le genre fantastique. Après la superbe réussite de Fragile, c'est au tour de Luis de la Madrid de nous proposer son long métrage mi horrifique, mi fantastique. La nonne est aussi une collaboration avec Jaume Balaguero et Brian Yuzna, deux spécialistes, du genre. Avec ces noms, on s'attend à voir un film spectaculaire, plus ou moins original et qui éventuellement donnera des frissons, mais là …..Déception ! Plus que de la stupeur, le spectateur est pris de fous rires.

      Six jeunes filles pensionnaires d'une école religieuses subissent les mots et actes d'une nonne sadique. Une quinzaine d'années après, elle meurent toutes les unes après les autres : la nonne est de retour, mais sous la forme d'un spectre prenant naissance dans l'eau.
      Les effets spéciaux ont donc la part belle dans ce film, mais ce n'est vraiment pas une réussite , et je dirai même que les apparitions de la nonne sont toutes plus délirantes et ridicules les unes que les autres : lavabo, baignoires, et même toilettes : tout y passe , sans pour autant surprendre ou apeurer le spectateur.
      Ne parlons pas des acteurs qui semblent totalement subir le scénario sans jamais y ajouter une once de vie ou d'action. Comme dans la majorité des films, c'est une bande de lycéens hyper caricaturaux qui va venir a bout du méchant
      Et là le summum : les référence bibliques trop faciles : l' « héroïne » se prénomme Eve, le beau gosse prêtre dont elle tombe amoureuse, Gabriel, et toutes les ex pensionnaire portent le nom de Saintes martyre
      Le scénario quant à lui est super prévisible et très décevant. Même les meurtres s'enchaînent gentiment sans ne once de surprise et encore moins d'horreur. Le final trop rapide et ridicule, laisse un goût amer dans la bouche : pourquoi avoir sorti ce film au cinéma ? , alors qu'un dvd ou un passage télé aurait suffit pour cette qualité !
      Seul pont positif, car je ne vais pas entièrement démonter la nonne, c'est la bonne réalisation et quelques effet techniques

      La nonne n'est qu'un slasher de plus parmi les œuvres déjà destiné au public ado. A coté des très bon films comme la colline a des yeux ou encore fragile, il donne l'impression de regarder en arrière et d'assister à un film des années 80, maladroit, pas ficelé et mal travaillé. Les amateurs de genre seront forcément déçus, les autres aussi d'ailleurs ….

    3. Match Point

      Publié le 27 Oct 2006 à  16:42

      Le woody Allen nouveau est arrivé : changement de décor, changement de style, il nous revient avec un film qui ne lui ressemble pas !

      Pour Match point, woody Allen a décidé de nous transporter a Londres, loin de New York et Manhattan qui étaient son univers et cadre de la quasi-totalité de ses films. C'est pourquoi le spectateur est amené à fréquenter les tennis club et autres lieux de la haute société londonienne plutôt que les rues, resto et autre appart New yorkais. Quitte à changer, autant tout changer, alors les airs d'opéras remplaceront les traditionnels air jazzy et la photo normalement colorée laissera place a une dominante de blanc très glacial.
      De plus, le réalisateur ne jouera pas dans ce film, d'ailleurs il n'y a pas de personnage torturé qui se pose beaucoup de questions sur les relations.
      Pourtant, match point aborde tout de même le thème des relations hommes / femmes, comme dans tous ses scénarios, mais de façon complètement différente.

      A travers son héros, il tente de nous démontrer comment notre vie est guidée par la chance ou la malchance, que finalement, malgré notre détermination, nous n'avons pas totalement en main notre vie, que par moment le hasard prend le dessus et peut complètement bouleverser notre vie. Cette idée est étayée par la première image du film. Une balle de tennis tape le filet, de quel coté tombera t'elle ? On gagne ou on perd, la chance entre en jeu !! Nous retrouverons cette même image plus tard dans le film mais la balle sera remplacée par une bague.
      L'évènement fortuit de ce film ? Les rencontres : tout d'abord celle de Chris et Tom, puis Chloé et enfin Nola.
      Le début du film est plutôt lent, les relations se mettent en place et on appréhende un peu la vie de ces jeunes gens riche. Chris, tout comme Nola le découvre car ils sont issus de milieu beaucoup moins aisés. Evidemment le parallèle entre ces deux personnages est saisissant : Nola est le double féminin de Chris ! Il était évident qu'ils succomberaient … Mais pas de condamnation de cette relation adultérine, ce n'est pas le thème du film comme on pourrait le penser. Là où le bas blesse, c'est que Chris a accédé à une situation qu'il n'a jamais eue auparavant grâce a son mariage avec Chloé. La passion qu'il ressent pour Nola va-t-il le mener à sacrifier cette vie « pépère » ? Jusqu'ou est il prêt à aller pour garder ce qu'il a réussit a obtenir ?
      L'intensité monte crescendo en suivant l'ascension de Chris et dans la seconde partie du film, le scénario se concentre sur nos 3 principaux protagonistes : Chris, Nola et Chloé. Ennui, envie et amour se côtoient, la tension monte à son paroxysme jusqu'au dénouement dramatique

      Plus qu'une observation sur les rapports humain, match point fait une critique acide de cette micro société bourgeoise, ainsi que sur les rapports entre classes sociales.
      Woody Allen a plus misé sur le physique des acteurs que sur leur jeu, mettant en valeur le regard dur de Jonathan Rhys Meyers, tel un jeune loup souhaitant réussir dans la vie. Ce film va lui ouvrir en grand les portes pour d'autres rôles. Scarlett Johanson, quant à elle, n'est plus a présenter et il est évident que son décolleté a beaucoup plu a notre cher réalisateur, au vu des tenues qu'elle porte, pour notre plus grand plaisir d'ailleurs. Elle est merveilleuse dans les scènes ou elle hurle, vraiment très touchante.
      Un peu plus effacée et introvertie, Emily Mortiner interprète a la perfection cette femme amoureuse qui a une idée précise de sa vie et de son couple.

      On a souvent dit que Woody Allen était fatigué, je crois que ce changement de direction aura prouvé le contraire : de très elle images, un scénario qui tient la route et les scènes des trois héros juxtaposé avec grand soin.
      Match point sera sûrement un tournant dans sa carrière …

    4. Saving Grace

      Publié le 24 Oct 2006 à  17:14

      Une fois de plus, le cinéma britannique nous offre une excellente comédie !
      Le jour de la disparition de son mari, la vie de Grace commence à s'effondrer : Elle découvre que son mari menait une double vie avec une maîtresse londonienne et que suite à des projets foireux, il lui a laissé pour seul héritage, une dette de 300 000 livres …. Notre bourgeoise sympathique habituée à jardiner les orchidées et servir le thé, va se mettre a la culture du hasch, avec la complicité de son jardinier afin de sauver sa maison. A partir de là l'aventure et les rebondissements commencent.

      Ce petit village de pécheurs de Cornouailles, est habité par une population joyeuse, unie et solidaire. Tous vont se rallier à la cause de notre désespérée. Et ce qui est intéressant et attachant, c'est que les personnage secondaires ne sont pas issus de magazines, ce sont de vrais « gueule » avec des défauts mais tellement émouvants ou drôles, comme notre français » Tcheky Karyo qui interprète un méchant.
      De plus, « Saving Grace » a été tourné en décors naturels ce qui nous permet d'admirer les panoramas superbes de Cornouailles, avec ses falaises qui tombent a pics sur les océans.

      Le scénario a un peu de mal à décoller, mais l'humour à la british prend le relais et le spectateur assiste a des scènes aussi délirantes que jubilatoires, notamment dans l'épicerie avec les grands-mères et l'huissier
      Par contre, il est vrai que cette histoire est assez exagérée et irréelle, car faire accepter une petite bourgeoise anglaise dans le monde très fermé des dealers est assez tiré par les cheveux, mais on a plaisir à y croire, tout comme ce final un peu hallucinant et très abracadabrant.

      Cette immersion dans l'excentricité est possible grâce à la performance de tous ces acteurs, et particulièrement Brenda Blethyn qui est désopilante dans ce rôle de femme en perdition et apprentie dealeuse. Elle nous fait partager ses moments de peur, de doutes et de joie de façon très pudique et touchante.

      Finalement, « Saving Grace » peut être interpréter de deux façon : comment les circonstances de la vie peuvent elle nous mener a faire certain choix, jusqu'à l'infraction, comment peut on réagir face aux obstacles mis en travers de notre route ?
      Ou alors, aborder tout simplement le thème des drogues douces pénalisées face à l'alcool tant banalisé.
      Nigel Cole n'a pas pris parti mais se sert uniquement de ce sujet. On peut trouver le film amoral au premier abord, mais il faut vraiment visionner le film avant de juger et se faire sa propre opinion

      « Saving grace » c'est drôle, frais, les amateurs de cinéma british ne pourront qu'aimer. Les amateurs de Hasch pourront, quant à eux apprendre quelques techniques pour faire pousser le chanvre ...

    5. Le Diable s'habille en Prada

      Publié le 13 Oct 2006 à  16:08

      Le diable s'habille en Prada, c'est avant tout un roman de Lauren Weisberger, mieux, un best seller vendu à plus de 350 000 exemplaires en France et traduit dans 27 langues !
      Ayant savouré l'écrit cet été, il était encore tout frais dans ma mémoire, et l'impatience me gagnait de voir l'adaptation cinématographique. Bien évidemment j'avais pas mal d'attente, mais aussi de doutes quant à la réussite : par principe un livre est toujours meilleur que son film, car plus fournis en détail et en imagination.

      Fraichement sortie de la fac andréa décroche le poste d'assistante de miranda Priestly : « le poste dont rève 1 millions de jeunes fille » car Miranda est la redactrice en chef du plus grand magazine de mode : Runaway. Mais ce qu'elle ignorait en acceptant ce boulot c'est qu'elle devrait subir une patronne tyrannique, odieuse et aux multiple demandes plus improbables et stupides les unes que les autres. Bienvenue dans le monde superficiel de la mode , ou les génis tels que Prada, Gucci , ou Versace sont a la botte d'une rédactice en chef !

      Meryl streep incarne le diable en la personne de Miranda Priestly : diaboliquement odieuse pour notre notre plus grand plaisir. Son interpretation est excetionnelle et impressionnante. Meryl que l'on sait gentille et simple est complètement effacée au profit de cet être sans cœur. L'intonation de sa voix (il faut vraiment le voir en VO), sa gestuelle hautaine et ses regards méprisants sont impeccables.
      A ses côtés, Andréa, son sous fifre est interpreté par Anne Hathaway, notamment apperçu dans le secret de Brokeback mountain. Sa performance est très ordinaire et même si elle est censée représenter une jeune fille provinciale et naive, ses intervention manquent souvent de saveur …
      Les autres personnages sont évidemment très secondaires et manquent cruellement de consistance, car leur personnalité est beaucoup moins aboutie que dans le livre, d'ailleurs a ce niveau la simplicité a été de mise pour ne surtout pas trop les mettre en avant, ce que est assez dommage.

      La bande son est composée de titres contemporains et assez rythmés, ce qui renforce le coté speed du film. Et j'ai beaucoup rigolé en entendant la chanson de madonna, merveilleux clin d'œil à Anna Wintour, editrice de Vogue qui a inspiré ce roman (pour la petite histoire, Lauren Weisberger a été son assistante)

      Je ne vous comparerai pas le roman et le scénario, qui pour moi sont 2 choses complètement différentes. Seules les bases sont les mêmes. Par contre je regrette un peu ce final mi figue mi raisin. Mais si vous voulez savoir si Andréa a vendu son âme au diable, foncez voir cet succulente comédie.