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Quand le petit écran rattrape le grand.
Publié le 10 Fév 2007 à 18:47 | | 6 commentaires
Le succès évident des séries actuelles doit interpeler suffisament pour dresser un état des lieux du petit écran. A l'heure où les majors peinent à retrouver un second souffle, le monde de la télévision s'avère être un véritable vivier créatif, parfois en passe de supplanter artistiquement son auguste inspirateur qu'est le 7ème art. La question qui se pose alors est de savoir à quoi doit-on ce phénomène grandissant.
Depuis les années 90, les séries phares qui se sont inscrites dans l'inconscient collectif sont légion. Les plus célèbres seraient X-files, urgences, New York Police Blues, Les sopranos, Alias, Friends, Sex and the city, Lost, Desperate Housewives, Ally Mc Beal, Les experts, Buffy contre les vampires, Oz, Six feet under, Millenium, Prison break, 24, Cold Case ou encore The shield. La profusion d'émissions de qualité est un parallèle à l'émergence de créateurs qui ont révolutionné le monde des séries TV, tels que Chris Carter, Alan Ball et J.J Abrams, entre autres.
L'objectif d'une série étant de durer dans le temps, l'accroche du spectateur est évidemment un élément clé de son succès, et donc de sa pérénité. C'est par le biais du scénario que s'est effectuée la mutation profonde de ce média. D'abord en pénurie d'imagination dans les années 80, les auteurs ont été dans l'obligation de modifier totalement leur façon d'aborder le sujet. Ils ont donc dépassé la méthode "serial" pour offrir une grande qualité d'écriture, tant en termes d'originalité du pitch de base que de traitement narratif. Finie la succession d'épisodes identiques, maintenant il faut captiver l'audience, lui donner envie de revenir voir le show. La première refonte du système fut de développer lune vraie intrigue en toile de fond, qui tiendrait le spectateur en haleine jusqu'au bout. Les épisodes regorgent de révélations, de cliffhangers éprouvants pour les aficionados.Cette émulation a favorisé une réelle inventivité chez les scénaristes, tenus de surprendre et captiver sur de longues périodes, mais paradoxalement avec des chapitres courts.
Aussi, les séries actuelles repoussent sans cesse les limites du cadre télévisuel dans lequel elles évoluent grâce aux moyens de production investis, au refus du compromis (on n'a jamais vu autant de sexe, de violence, d'humour ou de ton décalé) et aux plongées immersives dans des univers dans lesquels le spectateur était peu habitué à évoluer (hôpitaux, cellules occultes du gouvernement, brigades spéciales, milieu gay, etc...). cette évolution offre un vrai panel de possibilités créatives à ces auteurs, tout en livrant à l'audience un show digne du grand écran.
Tous ces éléments concourrent à faire de ces séries des ovnis télévisuels qui en remontrent aux studios de cinéma en matiète d'inventivité artistique et de capacité de remise en cause, tout en surfant sur le contexte social actuel. Mais à force de se prendre pour le grand écran, le petit subit le revers de la médaille : la multiplication des révélations et autres extravagances frôlent parfois le n'importe quoi, la longueur de certaines séries devient lassante, les artistes phares sont attirés par les majors hollywoodiens et les budgets s'envolent. S'il survit à ses envolées, le monde du petit écran pourra vraiment devenir le nouveau média de prédilection des cinéphiles amateurs. Encore faut-il en avoir les moyens. Mais il y a fort à parier que les nouvelles séries, telles que Weeds, Rescue me, Big love, Rome, Sleeper cell ou How I met your mother, sont une nouvelle vague de shows TV de qualité. Le spectateur n'est pas près de décrocher ....
6 commentaires à propos de "Quand le petit écran rattrape le grand."
Quand je lis ça "le monde de la télévision s'avère être un véritable vivier créatif" puis un peu loin ceci "on n'a jamais vu autant de sexe, de violence, d'humour ou de ton décalé", désolé monsieur, mais j'ai comme une grosse envie de me marrer...
karamzin le 12 February 2007 à 01:10 (#1)
perso je pense que si les séries fonctionnent aussi bien aujourd'hui c'est en partie, comme tu le dis à juste titre, parce que leurs moyens sont devenus énormes mais aussi parce que ceux qui les font ont très bien compris ce que les spectateurs attendent d'elles, en l'occurrence le fameux cocktail 1/4 de sexe- 1/4 de violence - 1/4 de mystère - 1/4 de comique, peu importe l'histoire qui lui sert de contenant !
karamzin le 12 February 2007 à 01:57 (#2)
Merci Lorang pour ce bel article qui est passionant. Et comme d'habitude, ce que tu dis est tout à fait vrai. Hollywood se casse la gueule et râcle les fonds de tiroirs alors que la TV est pris d'une furieuse vague de créativité. Mais je trouve que dans cette vague beaucoup se ressemblent et ce qui me gêne c'est qu'elle occupe tout le champ télévisuel. Nos films de dimanche et du mardi soir sont passés à la trappe.<br /> <br /> Et comme je ne suis pas vraiment fan de séries (ou que je ne prend pas le temps de les regarder), je reste à l'écrat de ce raz de marée.
misterblonde le 11 February 2007 à 14:17 (#3)
bon apparemment comme t'es plus qu'un ardent défenseur des séries TV américaines et que moi personnellement je les déteste pour la simple et unique raison que je pense qu'elles sont faites par des types élevés aux comics pour un public lui-même élévé aux comics et produites par des bizness men méchamment avisés,je ne vais pas t'embarquer dans une discussion qui risque de n'en plus finir parce que forcément stérile. Ceci dit je te tire quand même mon chapeau pour avoir écrit ici un texte qui a eu le mérite de lancer une discussion, en plus comme c'est plutôt bien écrit ...
karamzin le 13 February 2007 à 01:03 (#4)
Sans être un fan invétéré des séries U.S, je leur reconnaît des qualités proches du grand écran, à l'heure actuelle.<br /> Pourquoi, cette discussion serait stérile ? Le but n'est pas de changer le point de vue de l'un ou de l'autre, mais de confronter des arguments, ce que l'on a fait, me semble-t-il. Et si nous ne sommes pas d'accord, je dirais presque tant mieux, ça fait matière à discuter.<br /> Et merci pour ton compliment. J'espère qu'on aura d'autres sujets de discussion. A bientôt.
Lorang le 13 February 2007 à 16:09 (#5)
Cher karamzin, ravi que tu te marres, déçu que c'est parce que tu n'as pas totalement compris ce que j'écrivais. Le degré aujourd'hui élevé de violence, sexe, etc ... (que je ne cautionne pas forcément)souligne juste le fait que les séries repoussent les limites de la censure, pour répondre aux attentes des spectateurs certes (c'est un des éléments de l'accroche) mais parfois aussi pour servir l'histoire (cf Rome, 24, the shield, nip tuck). Quant au fameux cocktail que tu pointes du doigt, tu dois reconnaitre qu'il est favile de rajouter de la violence, du sexe et de l'humour, mais qu'il est plus dur d'ebtretenit le mystère (condition sinequa non du succès d'une série). De plus, oui, il y a du contenant dans certaines séries (pas toutes, nous sommes bien d'accord), telles que 24 ou the shield entre autres, qui posent beaucoup de questions.<br /> Quant à la créativité, elle tient au fait de tenir en haleine sur de longues périodes (donc qualité d'écriture, 6 feet under par ex.), de développer des intrigues au suspense insoutenable (24) et au traitement visuel et narratif des séries (caméra embarquée, effets de style, effets spéciaux certes, déconstruction chronologique, etc...). <br /> Ce qui n'était pas le cas avant les années 90, et qui permet à ce type de show de présenter des qualités qui parfois font défaut au cinéma d'aujourd'hui.<br /> Je préfère regarder quelques épisodes de The shield que le dernier film de Luc Besson, par ex.<br />
Lorang le 12 February 2007 à 11:32 (#6)
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